De jeunes chercheurs harcelés pour avoir écrit sur l'hydroxychloroquine

De jeunes chercheurs auraient été harcelés pour avoir publié le 27 août une méta-analyse concluant à l'inefficacité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19. Ils ont reçu le soutien de poids d’Axel Kahn qui parlent de « voyous ignobles » qui investissent la science.

« Vous êtes des grands malades les mecs. On a réalisé une étude, on a pas personnellement insulté votre famille. Putain, les petits mots et les mails que je reçois... », twittait le 28 août dernier Mathieu Rebeaud. Ce chercheur en biochimie fait partie des jeunes chercheurs harcelés pour avoir publié le 27 août une méta-analyse concluant à l'inefficacité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19.

Parues le 27 août dans la revue Clinical Microbiology and Infection, leurs conclusions étaient les suivantes : « Non seulement l’HCQ ne diminue pas la mortalité des patients Covid-19 hospitalisés, mais de plus sa combinaison fréquente avec l’antibiotique azithromycine (AZI) est associée à un risque de décès plus élevé par rapport aux traitements standards seuls », précise Le Temps.
 
Mathieu Rebeaud n’a pas été le seul à être harcelé. Un autre co-auteur de l’article, Anthony Guihur, évoquait aussi sur Twitter le 29 août de « très nombreuses menaces et intimidations dont des appels anonymes d'insultes ». Avant d’ajouter : « Voilà l'hystérie provoqué dès lors qu'on touche à l'#HCQ. Mais vous savez quoi ? C'est que notre #metaHCQ doit bien les ronger ». Tout ça « pour des mecs qui cherchent simplement à défendre une science de qualité et accessoirement à éviter des morts inutiles », tenait à préciser la journaliste indépendante Laure Dasinieres qui a volé à leur soutien.

Autre soutien de poids : Axel Kahn. Sur Facebook, le président de la Ligue du cancer s’est dit « profondément indigné » par les menaces et intimidations reçues par les chercheurs. Il évoque dans un texte le « tsunami barbare » qui s’est abattu sur les auteurs de l’article. Selon lui, des centaines de twittos anonymes les auraient injuriés et calomniés. Les traitant parfois de « blanc-becs impubères manipulés ou vendus ».
 
Comme si ça ne suffisait pas « des dizaines de coups de téléphone anonymes interrompent leurs nuits, selon Axel Kahn. Des messages et lettres de dénonciation et de calomnies sont adressés à leurs directeurs de laboratoire et de thèse. On leur fait d’office passer commande de centaines de travaux d’isolation, changements de chaudières, poses de velux. On les menace physiquement. Des voyous ignobles. »

Un soutien qui a fait « chaud au cœur » aux jeunes auteurs de l’article. À l’image d’Anthony Guihur, qui espère que ce message « résonnera très haut ». Et précise que des journalistes ayant relayés l'article ont aussi reçu des pressions...

 

Portrait de Julien Moschetti

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