Connaissez-vous la fracture de Chance ?

What's up Doc lance un partenariat avec le groupe Perles du Samu, qui publie des anecdotes sur l'envers du décor des services des urgences. Cette semaine, nous suivons les tribulations du Dr Torres. À l'occasion de la désincarcération d'un jeune garçon, victime d'un accident de la route, le Dr Torres fait un diagnostic : il est tombé, par chance, sur la fracture de... Chance. 

Incarcérés jusqu’au cou.
Non mais vraiment !
La passagère a les membres supérieurs au-dessus des tôles, le conducteur, son voisin et mari, ne peut pas les bouger car il avait les mains sur le volant au moment du choc.
Leur fille était en place arrière droite et à part une crise de panique et deux ou trois égratignures, elle n’a rien.
Leur fils lui est couché sur la banquette arrière et se tortille façon « ver de terre ».
Son visage n’est qu’un masque de douleur.
Quand on arrive, les pompiers veulent le faire sortir car ils ont besoin de la place pour démarrer la désincarcération.
Je m’interpose : un gamin algique comme ça, on ne le vire pas, on le gère.

Je jette un coup d’œil aux parents, les pouls carotidiens, la couleur des téguments, leur façon de respirer… me rassurent.
Le couple va devoir attendre qu’on les sorte de là (la désincarcération va être compliquée) et que je me sois occupé du fiston.

Et puis je sais que je n’ai pas de renfort potentiel, mon équipe était la dernière.

Dans la voiture en face, le conducteur n’a plus besoin de rien, sauf pour une dernière formalité administrative, pour certifier que son état est définitif…
Il faut dire qu’il avait pris l’autopont à contresens.
Bon si la Faucheuse a déjà pris son dû on va faire en sorte qu’elle ne revienne pas rôder autour du môme.


Je demande à mon infirmier d’équiper les parents : il perfusera la mère et me préparera tout pour perfuser le père : seules ses jugulaires externes sont accessibles. L’ambulancier lui file un coup de main en enchaînant les aller-retour à fond entre la voiture et l‘ambulance.

Je retourne au gamin qui est plus ou moins immobilisé par deux pompiers.
Pas de fracture de membre évidente, les constantes sont correctes mais il a mal au ventre et ça le transperce. Un ventre qui se défend ce n’est pas bon signe. En plus il est marqué d’une belle ligne rouge horizontale. Sa tension ? Etonnamment parfaite.
Un truc bizarre : il a une grosse dermabrasion frontale droite.
Je jette un œil sur la banquette arrière : ceintures de sécurité à droite et à gauche mais au milieu : une simple ventrale.
Et là je percute.
Enfin, si j’ose dire.

Chance ? Lire la suite ici ou sur le groupe Facebook Perles du Samu.

Portrait de La rédaction

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