"Cette convocation m'a été donnée pour me faire taire", pense le Dr Louis Fouché

Dr Louis Fouché.

Médecin anesthésiste-réanimateur à l'AP-HM (Marseille), le Dr Louis Fouché a été convoqué la semaine dernière par le directeur général de l'AP-HM, ainsi que par le président de la CME pour s'expliquer sur ces déclarations tonitruantes contre le confinement, le port généralisé de masques chirurgicaux. Considéré par certains comme un complotiste, fondateur du collectif Réinfo-Covid, le Dr Louis Fouché s'explique pour WUD sur ses prises de position controversées. 

What's up Doc. Vous avez donc été convoqué par l'APHM mais au final aucune sanction n’a été prise contre vous qu’en pensez-vous ? 

Dr Louis Fouché. Et vous, qu’en pensez-vous ? Bien sûr que cette convocation a été prise pour me faire taire, nous avons déjà trois vidéos sur YouTube qui ont été censurées, bien sûr qu’il y a un déferlement totalitaire contre un discours alternatif qui est le mien, alors que mon discours est plutôt posé lorsque vous l’écoutez. Je suis devenu soignant parce que j’étais sensible à la souffrance de l’autre, pas parce que je voulais gagner du pognon, sinon je ne serai pas à l’Assistance Publique. Si je voulais gagner du pognon, je travaillerais dans le privé, je gagnerais deux à trois fois plus, et je travaillerais deux à trois fois moins ! Au départ cette convocation était destinée à me faire taire, sous commandite d’un certain nombre de professeurs et de médecins, car pour eux, mon discours est totalement inaudible, il les met  face à l’extraordinaire banalité du mal dans laquelle ils se se sont enfermés. Mais entre-temps, les membres du collectif réinfo-Covid ont adressé plus de 5000 mails de protestation sur les boîtes mails du directeur général de l’APHM, du président de la CME ainsi que du secrétariat général. Chacun de ses mails était rédigé individuellement, ils étaient plutôt bienveillants, ils reconnaissaient le travail de l’APHM, mais en même temps ils n’étaient pas d’accord avec la narration telle qu’elle est déployée actuellement concernant la prise en charge de la Covid 19. Surtout, ils n’étaient pas d’accord avec le fait de censurer leur héraut, de censurer ma voix. Mon discours est peut-être discordant, certes, mais en tous les cas il permet de mettre des mots sur ce que beaucoup de gens ressentent, c’est peut-être mon seul talent. 

WUD. Vos détracteurs pensent que votre discours est dangereux et met en péril la vie de nombreux patients, pas seulement des personnes de plus de 80 ans, puisque la Covid 19 touche aussi des personnes jeunes. Que répondez-vous à ces critiques ?

Dr L. F. J’ai les statistiques en temps réel sur la région PACA, nous sommes à 470 patients sur toute la région Paca (481 le 7 novembre selon Geodes, NDLR), donc il est vrai que les réanimation sont pleines, il n’y a aucun négationnisme de ma part. Quand j’ai dit qu’il n’y avait pas de deuxième vague, je me suis trompé, tout simplement. Mais en août, lorsque j’ai affirmé qu’il n’y avait pas de deuxième vague, en effet il n’y avait pas de deuxième vague à ce moment-là.  Mais à vrai dire, même maintenant, il n’y a pas de deuxième vague, il y a une nouvelle épidémie d’un nouveau variant, le variant 4 à SARS-CoV-2 (c'est la thèse défendue par le Pr Raoult, NDLR), mais c’est un autre sujet. 
Donc je disais qu’il y avait 470 patients en réanimation en région Paca, il y a entre 3 à 9 décès par jour (22 décès le 8 novembre selon Geodes, mais le Dr Louis Fouché nous indique par ailleurs que les 3 à 9 décès qu'il évoque sont ceux morts en réanimation stricto sensu, NDLR). Donc il y a entre 3 et 9 décès par jour pour 5 millions d’habitants. Je vous laisse réaliser ce que l’on est en train de faire pour ces 3 à 9 décès par jour. Nous sommes en train de tuer notre économie, de sacrifier notre jeunesse. Je demande tout simplement de revenir à la raison, de laisser les gens travailler, de démasquer les gens dans les rues, car c’est une imposture, les masques chirurgicaux ne serventt à rien. Il faut donner des masques FFP2 aux gens qui sont fragiles, nous savons tous qui ils sont. Sur ces 470 malades, il y a moins de 20 patients qui ont moins de 50 ans. Et sur ses 20 patients, je peux vous assurer qu’il y en a beaucoup qui sont déjà malades, qui ont des maladies auto-immunes, inflammatoires. Évidemment parmi ces cas, il y a des personnes qui ne devaient pas tomber malades, et à qui c’est arrivé, ce n’est pas de chances, mais jeter un coup de projecteur sur ces personnes, c’est tout simplement dégueulasse, car c’est instrumentaliser la souffrance d’autrui à des fins qui ne sont pas claires. On essaie ainsi de faire peur aux gens…

il y a un problème de conflit d’intérêt majeur dans notre société

WUD. Mais pourquoi faire peur à la population ?

Dr L. F. Exactement, on ne sait pas vraiment pour quelle raison. Je suis un peu d’accord avec vous, je ne comprends pas très bien pourquoi on fait peur aux gens. Je pense qu’il y a des gens intermédiaires, comme les chefs de service, qui ont été traumatisée par ce qu’ils ont vu pendant la première vague. Ils ont l’œil braqué sur leurs dizaines de malades, mais ils oublient la totalité, ils ont du mal à considérer la totalité et la globalité. Nous savons que ces patients existent, mais il faut prendre du recul : lorsque vous considérez la balance bénéfices-risques, vous ne devez pas mettre à genoux le pays pour ces quelques patients, vous ne devez pas arrêter l’économie et sacrifier la jeunesse pour quelques dizaines de patients, ce n’est pas possible. 
 

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WUD. Pour ce qui est des traitements, vous défendez celui du professeur Raoult à base d’hydroxychloroquine, de zinc et d’azithromycine. Pourtant, ce traitement est de plus en plus contesté par la communauté médicale, pourquoi le défendre encore ?

Dr L. F. Il faut lire les bibliographies, il y a 127 études qui ont été publiées, et les médecins ne les lisent pas.

WUD. Je vais vous poser la question autrement : de nombreuses institutions internationales comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais aussi nationales comme l’ANSM ont fait un trait sur le traitement du professeur Raoult, pourquoi ?

Dr L. F. Je suis désolé mais vous êtes un journaliste mainstream qui travaille pour un média mainstream, aller à l’IHU voir comment cela se passe, c’est une véritable machine de guerre, il y a plus de 70 séquenceurs qui tournent en temps réel, c’est un niveau d’intelligence et de connaissances qui est inégalé en France, et même un peu partout dans le monde.

WUD. Je veux bien vous croire mais comment expliquez-vous que l’ensemble de ces institutions soient contre ce traitement ?

Dr L. F. Je vais vous expliquer, mais laissez-moi finir. Nous avons plus appris par les tutoriels de l’IHU sur YouTube du mardi, que par n’importe quel autre voie, au sujet de la Covid19. j’y vais parfois le mardi, et c’est un niveau de compétences et d’intelligence absolument remarquable. Il faudrait que les médecins et les chercheurs se rendent à l'IHU les mardis, et après ils pourront parler... Il ne faut pas confondre l'IHU et la personnalité du Pr Raoult. Je n’ai pas d’affection particulière pour Didier Raoult.Surtout, il ne faut pas confondre hydroxychloroquine avec le professeur Raoult. 
Maintenant, vous me demandez pourquoi ces institutions sont contre ce traitement. Je vous réponds qu’il y a un problème de conflit d’intérêt majeur dans notre société. Rappelez-vous qu’Irène Frachon, la médecin qui a dénoncé le scandale du Mediator®, a été accusée de complotisme elle aussi, l’ANSM (Afssaps, l'ancêtre de l'ANSM, NDLR) à l’époque malgré ses alertes, avait laissé le Mediator® en vente pendant encore cinq ans. Lorsque Dominique Maraninchi est arrivé à la tête de l’ANSM, il a fallu qu’il fasse le ménage… Je ne dis pas que les médecins et les chercheurs sont vénaux, je dis juste que le système est totalement pourri. 
 

On essaie ainsi de faire peur aux gens…

WUD. Donc si je vous comprends bien, si les travaux de l’IHU et du professeur Raoult sont désapprouvés, c’est tout simplement parce qu’il règne en France une corruption généralisée dans le milieu de la médecine ?

Dr L. F. Oui, c’est cela, en grande partie. Il y a aussi bien sûr, des questions d’ego, car le professeur Raoult n’est pas arrivé là sans qu’il y ait des morts sur son chemin. Donc il a beaucoup d'ennemis. 

WUD. Oui mais votre explication n’est pas satisfaisante en ce qui concerne l’Organisation mondiale de la santé ?

Dr L. F. Savez-vous seulement comment est financée l’Organisation mondiale de la santé ? 75 % du budget de l’OMS provient des institutions privées. Il y a tout un tas de gens brillants qui travaille à l’OMS, mais le financement de l’institution est totalement frelaté, il faut regarder cela en face. 

WUD. Rudy Reichstadt, le président de conspiracy Watch, vous a qualifié de crypto-complotiste, parce que vous utilisez une sémantique commune à l’ensemble des complotistes. Vous utilisez en particulier le terme de reinformation, un vocable aussi utilisé par ce qu’il est convenu d’appeler la fachosphère. Qu’en pensez-vous ? 

Dr L. F. Rires… Chomsky a écrit un petit ouvrage qui s’appelle La Fabrique du consentement*. Il a démontré que les médias de masse utilisent une certaine manière de faire leur narration laquelle permet d’obtenir l'assentiment des populations. Ce n’est pas nouveau puisque dès 1920, le créateur de Hollywood a dit ceci : cela sera notre arme de conquête du monde* (référence en bas de page, NDLR). La narration que vous racontez amène les gens à faire des choses, l’information actuellement est univoque. Elle n’admet pas de contre-pouvoir. À chaque fois qu’un contre discours se met en place, on essaie de le contrer... Et je pense que vous allez me dire que le mot contre-discours est un mot de la fachosphère non ? Rires. 

WUD. Je trouve tout simplement maladroit d’avoir utilisé des termes usités dans la fachosphère pour appeler votre collectif réinfoCovid19… 

Dr L. F. Rudy Reichstadt  se permet de mettre des étiquettes sur tout un tas de personnes mais on ne sait pas d’où il vient, qui le finance, etc. Pour ce qui est du nom du collectif,  reinfoCovid, et bien on n’y a pas réfléchi, c’est venu comme ça. Au début on voulait s’appeler : collectif soignant pour une politique sanitaire juste et proportionnée. Mais ce n’est pas un titre très vendeur (rires). 

WUD. Donc vous vous opposez au confinement, vous vous opposez aussi au masquage de la population générale, quelle serait pour vous une solution alternative à celle mise en place par le gouvernement ?

Dr L. F. Je pense déjà que dans un premier temps, il faudrait évaluer ce qui a été mis en place. Si vous comparez par exemple la France à la Suède, vous vous rendez compte qu’au début, la Suède a eu des taux de létalité et d’incidence beaucoup plus importants que les nôtres, mais maintenant la Suède va beaucoup mieux que la France, à tous points de vue, sanitaire et aussi économique. 

WUD. Emmanuel Macron a pourtant annoncé que si l’on ne reconfine pas, si on fait un peu comme la Suède, il y aurait à terme en France 400 000 morts ?

Dr L. F. Oui tout à fait, il a dit cela, et vous ne trouvez pas que c'est choquant ? Il y a eu jusqu’à présent 40 000 morts et on attendrait comme cela 400 000 morts ? c’est n’importe quoi, ça ne veut absolument rien dire, il a tiré ce chiffre de son chapeau pour faire peur à la population. L’ensemble du discours du président de la République est un est un discours hypnotique, je sais de quoi je parle, nous utilisons beaucoup cette méthode en anesthésie réanimation. Il faut arrêter d’écouter Véran, Macron, Lacombe... (Pr Karine Lacombe, NDLR), toutes ces personnes qui ont des conflits d’intérêts, il faut écouter ceux qui vous ouvrent l’esprit, ceux qui vous parlent du réel. Le confinement a été une grosse connerie, il y a eu plus de victimes collatérales que de personnes sauvées. Si vous restez focalisé sur le R0, vous allez devenir un Khmer blanc du sanitarisme radical. 
C’est aussi pour cela que je parle de déferlement totalitaire. Donc à partir de là que pouvons-nous faire ? Vous pouvez commencer par masquer les personnes fragiles avec des masques FFP2. Les gens hypertendus, diabétiques, obèses sont des gens qui vont faire des formes graves. Il y a aussi des patients immunodéprimés, comme ceux qui font des cancers évolutifs, il y a aussi les personnes âgées, celles qui ont des maladies auto-immunes, sous corticothérapie, sous traitement immunosuppresseur, tous ces gens là sont à risque. Il faut aussi protéger les gens qui ont peur, puisque l’on n'a pas arrêté de leur faire peur depuis maintenant sept mois. Il faut aussi se laver les mains plus souvent : ce n’est pas un message qui est porté par la communication mainstream. Il faut aussi mettre à contribution le secteur privé. Dernière chose : il faut laisser prescrire l'hydroxychloroquine, l’azithromycine et le zinc, car le rapport bénéfice/risque est en faveur de ce traitement, le risque est vraiment très faible donc laissons faire ! Pourquoi interdire ? Les cohortes des patients qui sont pris en charge avec ce traitement vont mieux que ceux qui ne sont pas pris en charge avec ce traitement, quoi qu’on en dise (de nombreuses études, à commencer par la toute dernière en date, Hycovid du CHU d'Angers, conclut à une absence d'effet de l'hydroxychloroquine, NDLR). 

Quand j’ai dit qu’il n’y avait pas de deuxième vague, je me suis trompé

WUD. L’épidémie de COVID-19 a révélé de grosses dissensions entre médecins. À votre avis c’est le symptôme de quel mal ?

Dr L. F. Les batailles entre médecins ont toujours existé. Ce que je peux vous dire, c’est qu’un chirurgien ne voit pas son patient de la même manière qu’un anesthésiste réanimateur. Le chirurgien par exemple va être beaucoup plus jusqu’au boutiste alors que l’anesthésiste va dire : non là on s’arrête, on va trop loin. Les médecins ont du mal à se mettre à la place d'autres médecins, dans d’autres spécialités. Aujourd’hui par exemple, je pense que les chirurgiens considèrent cette politique sanitaire comme folle, parce qu’ils pensent que leurs patients ont des pertes de chance énormes… En revanche, si vous considérez la position d’un réanimateur à La Timone, il aura plein de patients jeunes malades avec ecmo (Oxygénation par membrane extracorporelle), il va dire  : attendez attendez là la situation devient très grave, il faut arrêter l’épidémie, il faut confiner. D'autre part, notre outil à dire la vérité, à savoir la science, est cassé : il y a trop de conflit d’intérêt dans la médecine. On en était conscient, on avait compris qu’il y avait un problème, mais là tous les problèmes sont remontés à la surface : je ne peux vous citer que le Lancet Gate par exemple (la revue The Lancet avait publié une étude fausse sur la létalité de l'hydroxychloroquine, qu'elle a dû retirer, NDLR). 

* La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie. de Noam Chomsky (Auteur), Edward Herman (Auteur), Benoît Eugène (Sous la direction de), Frédéric Cotton (Sous la direction de), Dominique Arias (Traduction). Contre feu. Agone. 


* Bernard Stiegler Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ? Les liens qui libèrent, 2018
 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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