CCA, assistants et jeunes PH sur le pied de grève

Une histoire de gardes

L’Inter syndicat national des chefs de clinique et assistants (ISNCCA) a déposé un préavis de grève ce mercredi pour faire valoir le ras-le-bol de ses adhérents, travaillant dans différents services hospitaliers, mais souvent désignés d’office et en priorité pour prendre des tours de garde aux urgences. 

Les derniers mois ont à nouveau montré que ce qui se passe aux urgences ne reste pas aux urgences. Quand elles débordent, ce sont les services d’aval qui saturent (et inversement). Il en va de même pour le personnel hospitalier. Quand on manque de personnel de garde, on va piocher ailleurs. 

Les praticiens des autres services peuvent être mobilisés pour réaliser des gardes aux urgences. Tous ? Non ! Un petit groupe d’irréductibles jeunes est encore et toujours mobilisé en priorité. Et cela ne semble pas les ravir. L’ISNCCA, qui représente les chefs de clinique et les assistants, vient de déposer ce 30 mai un préavis de grève des CCA, assistants et des jeunes PH, désignés d’office pour réaliser ces gardes.

Des spécialistes non spécialisés

« Ces jeunes praticiens sont mis d’office sur la liste de garde des urgences alors qu’ils participent déjà à la permanence des soins dans leurs services », explique à What’s up Doc Emanuel Loeb, président de l’ISNCCA. « Ils ne comprennent pas qu’on les réquisitionne automatiquement, et de manière aussi importante, alors qu’ils doivent gérer des problématiques internes à leurs propres services ».

La mobilisation systématique de ces praticiens pose un autre problème pour le syndicaliste : « Parfois, des internes sont encadrés par des médecins seniors non urgentistes, ce qui peut poser des questions ». Et, simplement, ces médecins ne sont pas des urgentistes… « Est-il acceptable d’affecter à de telles tâches des praticiens non aguerris à ce type de prise en charge ? »

Branle-bas de combat

C’est aux commissions de l’organisation de la permanence des soins de s’entendre avec l’ensemble des praticiens des CHU, poursuit Emanuel Loeb. Mais les discussions au sein des établissements n’ont pas abouti. « Certains CCA voulaient partir en grève, mais nous avons préféré déposer un préavis pour les couvrir, car notre rôle est de centraliser autour d’une problématique commune. Une rencontre est prévue lundi avec les conseillers techniques des ministères de la santé et de l’enseignement supérieur. Nous orienterons les discussions sur ce sujet ».

Pour l’instant, les modalités de grève ne sont donc pas définies, en attendant le 4 juin et ce rendez-vous. Les jeunes praticiens et leur syndicat entendent mettre la pression pour imposer une meilleure organisation des gardes et le recrutement de praticiens dans les services d’urgences. « C’est comme pour le repos de sécurité : tant que personne ne dit rien, rien ne se passe », conclut le président de l’ISNCCA. 

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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