Accusations d’agressions sexuelles : Les pays membres de l’OMS tapent du poing sur la table

Cinquante-trois pays demandent des comptes à l’OMS. Selon de nombreux médias, les dirigeants de l’organisation mondiale étaient au courant des cas d’agressions sexuelles commis par des membres de leur réseau humanitaire en RDC.

Une possible omission, et de l’inquiétude. Ce vendredi 28 mai, pas moins de 53 pays ont pris à parti l’Organisation Mondiale de la Santé. En cause ? Des allégations signalant que les dirigeants de l’Institution auraient omis de signaler des cas d’agressions sexuelles commis par des membres de leur personnel. « Nous avons exprimé notre inquiétude après des informations de médias suggérant que la direction de l’OMS était au courant de cas d’exploitation sexuelle, d’agressions et de harcèlement sexuel et a omis de les rapporter (…), tout comme les allégations selon lesquelles des membres du personnel ont tenté d’étouffer ces affaires », ont-ils indiqué dans une déclaration commune, portée notamment par les 27 états membres de l’UE, les États-Unis ou encore le Japon.

Quelques jours avant le début de l’Assemblée Mondiale de la Santé, de nouvelles accusations d’agressions sexuelles impliquant des travailleurs humanitaires oeuvrant en République démocratique du Congo (RDC) sont remontés aux oreilles des pays membres de l’OMS. « 22 femmes de la ville de Butembo ont déclaré que des travailleurs humanitaires masculins intervenant dans le cadre d’une crise d’Ebola […] leur ont offert des emplois en échange de relations sexuelles », a en effet révélé une enquête menée par l’agence de presse The New Humanitarian et la Fondation Thomson Reuters.

De nouvelles révélations qui s’ajoutent à celles qui avaient déjà entachées la réputation de l’OMS l’an dernier. Impliquant l’organisation de santé mais également l’OIM, l’UNICEF, l’IRC, l’IMC ou encore le ministère de la Santé de RDC, 51 cas similaires, s’étant produits dans la ville de Béni (RDC) en 2019, avaient été mis-à-jour. Parmi ces derniers, quatorze victimes avaient alors déclaré « que les hommes s’étaient identifiés comme étant des travailleurs de l’OMS ». Une enquête d’Associated Press avait, en parallèle, révélé que « de hauts dirigeants de l’OMS étaient non seulement au courant de ces accusations d’agressions sexuelles en 2019 mais qu’on leur a aussi demandé comment réagir ».

Une actualité dérangeante qui, selon la déclaration commune, a donné lieu la semaine dernière à un débat « vigoureux » et « transparent » entre les pays membres et le secrétaire général de l’OMS. Des échanges vifs durant lesquels l’OMS auraient pris des engagements qui « doivent être le début d’un nouveau chapitre, qui reposera sur la célérité, la transparence et la prise des responsabilités », a souligné la déléguée américaine, Stephanie Psaki.

Ce vendredi, le patron de l’OMS a également tenu à rappeler qu’une enquête indépendante sur le sujet avait été lancée. Cette commission doit rendre ses conclusions dans un rapport à la fin du mois d’août. Un temps trop long pour les cinquante trois pays contestataires. Après que le Dr Tedros ait reconnu l’existence d’une « frustration » provoquée par le lenteur des procédures mais également le manque de transparence, la déléguée américaine a exigé que des informations sur l’état de l’enquête et sur les engagements de l’OMS leur soit remontés de manière trimestrielle.

Portrait de Julia Neuville

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