90 jours pour s’installer

Y’a moy

Le défi du jour : ouvrir son cabinet en trois mois. C’est chaud, mais ce n'est pas impossible. Il suffit juste de s’y prendre dans le bon ordre, et Reagjir explique comment faire.

Que les remplaçants et les médecins salariés qui procrastinent leur installation en libéral lèvent la main. Oui, c’est pénible, on pleure parfois le soir au fond de son lit parce que l’Ordre n’a pas visé l’intitulé des ordonnanciers alors qu’on vient d’en commander 3 millions, et que le lendemain, il faut reprendre toutes les démarches parce que finalement, le contrat d’association est plus adapté que la collaboration libérale.

Sèche tes larmes, Reagjir est là ! À l’occasion du Congrès de médecine générale organisé du 5 au 7 avril au Palais des congrès à Paris, le syndicat des remplaçants et des jeunes installés a vendu du rêve au cours d’un atelier : le guide de l’installation en 90 jours. What’s up Doc s’est glissé dans la salle pour piquer des informations, et met ses lecteurs au défi.

Nous sommes le 6 avril. Le 9 juillet, on appelle pour prendre rendez-vous (trois jours de rab, pour réfléchir à votre avenir). WUD a pris des notes et vous explique comment faire.

J-90

C’est parti ! Grosse motiv’, même pour les phobiques à la Thomas Thévenoud. Quelques préalables tout de même : être déjà inscrit au tableau de l’Ordre, avoir déclaré son début d’activité à l’Urssaf et repéré son local (répondant aux normes d’accessibilité).

Première étape : tenter de gratter quelques aides à l’installation. Dans chaque ARS trône un référent à l’installation qui peut donner quelques infos. Les collectivités locales en mal de praticiens peuvent aussi aider, avec, par exemple, un local gracieusement mis à disposition pendant quelques mois – et parfois beaucoup plus.

Pour ceux qui souhaitent s’associer, c’est le moment de négocier le type de contrat, le partage des frais, les horaires, les congés…

Côté démarches administratives, le premier mois doit être consacré aux démarches auprès de l’Assurance Maladie : il faut les prévenir de l’installation, et en profiter pour prendre rendez-vous pour la signature de la convention. Il faut aussi s’affilier au régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, et à l’assurance volontaire AT/MP gérée par la CPAM.

J-60

Déjà un mois, ça passe vite !

Un petit tour par le Conseil départemental de l’Ordre s’impose, afin de s’assurer de la validité des contrats, et prendre rendez-vous avec un conseiller ordinal. Petit conseil de Reagjir : attention, le conseiller-médecin est peut-être installé depuis bien longtemps et n’a pas nécessairement les mêmes idées que le petit nouveau. La visite est aussi l’occasion de faire valider les libellés de plaque, d’ordonnances et du tampon.

Et là, bim ! Le piège. Pas encore de ligne téléphonique ? C’est ballot, il faudra revenir… On revient une étape en arrière pour ouvrir une ligne et commander sa box !

Le moment est aussi venu de s’occuper des thunes. Ouverture d’un compte pro, prospection pour des financements pour l’équipement et l’installation, choix des terminaux de paiement et Vitale, d’un expert comptable, d’une association de gestion agréée (toujours mieux pour éviter les contrôles fiscaux).

Hop, quinze jours ont filé.

J-45

On rentre dans le dur à mi-parcours. C’est le moment de signer la convention avec la CPAM, de déclarer le changement d’activité auprès de l’Urssaf et de la Carmf, de souscrire aux assurances prévoyance et de responsabilité civile professionnelle, pour le local et les biens.

Les choses se précisent. À un mois et demi de l’appel de WUD, c’est peut-être le bon moment pour commander le mobilier et les fournitures, les imprimés pré-identifiés, les ordonnanciers sécurisés et même de publier une petite annonce. Pour nous recevoir dignement.

J-30

Si tout s’est bien passé et que tu as bien respecté les consignes que WUD a piquées à Reagjir, ta carte CPS tu reçois. Ton matériel informatique tu installes, avec le logiciel cabinet, la messagerie sécurisée tu crées, avec ton espace pro à la CPAM.

Autant prendre un peu d’avance et modifier l’assurance auto pour passer en mode professionnel et pouvoir assurer les visites en toute tranquillité.

J-15

Chaud pour la dernière ligne droite ? État des lieux du local, déclarations à la Cnil, affichages obligatoires dans le cabinet (honoraires, modes de paiement, horaires, charte Cnil, permanence des soins etc.), service de traitement des déchets médicaux, arrangements pour la stérilisation des instruments (personnelle, avec un prestataire ou en association avec des confrères), inscription aux Pages Jaunes.

Une fois cela réglé, c’est tout bon. Dernière touche : se présenter auprès des professionnels de santé du territoire, c’est mieux. Conseil de Reagjir : il faut contacter tout le monde, ou personne ! En oublier un, ça ne se fait pas et ça peut être mal pris…

Trois mois après les premières larmes, le défi est réussi ! Il ne reste plus qu’à attendre le premier coup de fil de WUD. Tout cela aura coûté entre 10 et 20 000 euros, mais c’est le prix de la liberté ! (sic)

Pour un peu plus de détails et de conseils, n’hésitez pas à vous rapprocher des antennes locales de Reagjir, qui proposent également un petit guide en ligne de l’installation en libéral (et d'autres : la Carmf, cotation des actes, Urssaf…).

Crédit photo : capture d'écran Braveheart (20th Century Fox/Paramount Pictures)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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