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Pour « garantir un accès plus équitable à ces traitements contre l’obésité, tout en maintenant un environnement sécurisé », l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) envisage de « rendre les initiations de traitement et les renouvellements possibles par tout médecin dans le respect de l’autorisation de mise sur le marché ».
Ces traitements GLP-1, abréviation de glucagon-like peptide 1, pourraient ainsi être « prescrits en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique chez des patients avec un IMC supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 en présence d’au moins un facteur de comorbidité », a-t-elle précisé.
La prescription initiale de Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) – commercialisés en France depuis octobre et novembre 2024 respectivement – ainsi que de Saxenda (liraglutide) – disponible depuis mars 2021 – est actuellement réservée aux spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition ou aux médecins compétents en nutrition.
Ces médicaments ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques
Si cette restriction pour éviter « des risques de mésusage, observés avec d’autres médicaments de la même classe thérapeutique » comme l’antidiabétique Ozempic (sémaglutide), « a permis de sécuriser l’accès » les premiers mois, elle a « pu freiner l’accès » à ces anti-obésité car « certains patients peuvent rencontrer des difficultés pour consulter un des spécialistes concernés dans des délais raisonnables », a noté l’ANSM.
Parallèlement, « il n’a pas été observé de signal de pharmacovigilance inattendu en termes de gravité ou de fréquence » depuis la commercialisation de Wegovy et Mounjaro, a-t-elle affirmé. Et les données de sécurité pour l’ensemble des médicaments de cette classe thérapeutique rapportées dans le monde et en France « ne montrent pas de nouveaux signaux de pharmacovigilance » hors de ceux connus.
L’agence du médicament, qui rappelle que ces médicaments « ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques », a aussi insisté sur la poursuite de sa surveillance d’éventuels effets indésirables graves.
À l’appui d’un possible élargissement des prescriptions, l’ANSM a aussi souligné que « les flux d’approvisionnement sont stabilisés : il n’y a pas de tensions constatées avec les aGPL-1 indiqués dans la prise en charge de l’obésité, ni de reports massifs identifiés sur Ozempic ».
Interrogé lundi sur la possibilité d’élargir la prescription des nouveaux traitements anti-obésité aux médecins généralistes, le ministre chargé de la Santé Yannick Neuder a répondu vouloir « avancer sur ce sujet si possible avant l’été ».
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