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L'OMS affirme que la résistance aux antimicrobiens (RAM), en particulier la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, constitue l'une des principales menaces pour la santé publique mondiale et serait responsable de plus d'1 million de décès par an.
Dans deux rapports publiés jeudi, l'agence onusienne souligne que l'utilisation abusive et excessive des antimicrobiens chez l'homme, l'animal et les plantes est le principal facteur de la résistance aux médicaments, et que la RAM pèse d'autant plus lourdement sur les pays à faible et moyen revenus.
Sans une réaction plus vigoureuse, l'OMS estime que 39 millions de décès seront imputables à la résistance aux antimicrobiens d'ici 2050.
La RAM « s'aggrave, mais le nombre de nouveaux traitements et de diagnostics en développement est insuffisant pour contrer la propagation des infections bactériennes résistantes aux médicaments », alerte notamment Yukiko Nakatani, directrice générale adjointe de l'OMS.
« Sans un investissement accru dans la recherche et le développement, et sans des efforts ciblés pour que les nouveaux produits et les produits existants atteignent ceux qui en ont le plus besoin, les infections résistantes aux médicaments continueront de se propager », a-t-elle ajouté.
L'innovation au point mort
L'OMS définit la RAM comme l'incapacité des microorganismes (bactéries, virus et parasites) à répondre aux médicaments antimicrobiens, y compris les antibiotiques, les antiviraux et les antifongiques.
Depuis que l'OMS a commencé à suivre le développement des agents antibactériens en 2017, 17 nouveaux agents visant des bactéries prioritaires ont obtenu une autorisation de mise sur le marché.
En 2023, l'OMS recensait 97 antibactériens en phase de développement clinique (en cours d'essai chez l'homme). Ce nombre est désormais tombé à 90, a prévenu l'OMS, évoquant « une double crise : la rareté et le manque d'innovation ».
« Parmi les 90 antibactériens en cours de développement, seuls 15 peuvent être considérés comme innovants », ajoute l'agence.
Côté programmes de recherche préclinique (avant les essais cliniques chez l'homme), environ 232 projets sont en cours, mais 90% des 148 entreprises concernées sont de petites structures de moins de 50 employés, ce qui selon l'OMS révèle la « fragilité » de l'écosystème de recherche et développement médical.
Ainsi, l'organisation exhorte à davantage d'investissements et à la mise en place de nouveaux modèles de financement pour soutenir les PME qui mènent actuellement des recherches dans les domaines des antibactériens et des diagnostics.
Enfin, l'OMS appelle les chercheurs à rendre publiques leurs données sur l'activité antibactérienne afin de favoriser la collaboration, attirer les investissements et accélérer l'innovation.
Avec AFP
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