Vaccination des ados : Une décision éthique ?

Un avis, et des questionnements éthiques. Alors que la décision de vacciner les adolescents a été prise le 2 juin dernier, le Comité Consultatif National d’Éthique rend un avis mitigé sur la question.

Un avis en demi-teinte. Ce 9 juin, le Comité Consultatif National d’Éthique pour les sciences et la vie de la santé a rendu son avis quant à la vaccination des jeunes âgés de 12 à 16 ans qui débutera le 15 juin prochain. « Le CCNE regrette (…) que les décisions aient été prises si rapidement », juge sévèrement l’Institution dans un communiqué de presse paru sur le site internet. S’il estime que la vaccination de cette population a un intérêt sur le plan vaccinal, il s’interroge en effet sur le caractère éthique de cette dernière.

« La mise en place d’une politique vaccinale se construit sur la recherche d’un double bénéfice : pour la personne elle-même et pour la collectivité », indique le CCNE. S’il juge que les adolescents peuvent en effet être un vecteur non-négligeable de contamination, il estime que le « bénéfice individuel » de la vaccination des adolescents est plus que limité compte tenu de la rareté des formes graves chez cette population. « Par ailleurs, certains travaux estiment que l’immunité collective ne serait atteinte que si 85% de l’ensemble de la population était immunisée. Or, il s’avère peu probable que cet objectif puisse être atteint grâce à la seule vaccination des adultes », ajoute l’organisation.

Un ensemble de constats qui amène tout de même le comité consultatif à se poser une question. « Est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d'y accéder) d'une partie de la population adulte ? », écrit le CCNE. À cette interrogation, le comité consultatif lie une ribambelle d’autres : « Quel risque de stigmatisation pour les adolescents qui ne souhaiteraient pas y avoir recours ? Ne risque-t-on pas de briser leur confiance si le retour à la vie normal était compromis par l’arrivée de nouveaux variants ? »

Si ces questions restent en suspens, le comité consultatif encourage tout de même le gouvernement à prévoir rapidement une alternative à la vaccination des adolescents. « Le CCNE considère que la stratégie « Tester, tracer, isoler » soit optimisée chez les mineurs afin qu’elle soit éventuellement envisagée comme une stratégie alternative à la vaccination », écrivent-ils. Un avis auquel s’ajoute la recommandation d’organiser un suivi de pharmacovigilance spécifique à cette population. « Se poser la question d’élargir la vaccination aux enfants et aux adolescents incite tout d’abord à examiner ce que l’on connait de la sécurité des vaccins », note l’organisation. Reste à savoir si le gouvernement prendra cette fois le temps d’écouter leur opinion.

Portrait de Julia Neuville

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