Thellie : quand le crowdfunding finance la recherche clinique

Par ici la monnaie !

En ligne depuis mai 2016, la plateforme Thellie propose un nouveau modèle de soutien financier à la recherche clinique. Pour la première fois, le public peut offrir des dons directement aux chercheurs, via le crowdfunding.

Bankable, la recherche clinique ? Grâce à la plateforme de crowdfunding Thellie, les chercheurs ont la possibilité depuis mai 2016 de présenter directement leur projet au grand public. Une aventure innovante pour des chercheurs prêts à utiliser de nouvelles méthodes dans la course aux financements.

« Nous souhaitions concevoir un nouveau modèle de financement pour la recherche, plus transparent et moins impersonnel que ce qui existe actuellement », explique Jean-Baptiste Roffini, président et co-fondateur du site. « L’idée était de créer un lien entre le donateur et le chercheur », poursuit-il. Les particuliers, mais aussi les entreprises, les fondations ou les associations de patients, peuvent ainsi soutenir le projet de leur choix.

À but non lucratif, Thellie reverse 100 % des dons aux chercheurs qui, en retour, s’engagent à tenir les contributeurs informés de leurs avancés scientifiques via la plateforme. Celle-ci est gratuite et ouverte à tous les chercheurs académiques pouvant justifier d’une activité de recherche scientifique au sein d’une université ou d’un organisme public de recherche.

Impliquer directement le public

Avant d’être accepté, le projet doit respecter certains critères d’éligibilité, et doit notamment être approuvé par des pairs experts dans le domaine. Soutenu tout au long de la démarche, le chercheur dispose d’un guide explicatif qui l’aide à rendre son contenu intelligible, à concevoir une page projet et à réaliser des vidéos de promotion.

Selon le Dr Hervé Devilliers, médecin-chercheur au CHU de Dijon Bourgogne et porteur de l’un des projets présents sur la plateforme, Thellie a pour principal avantage d’impliquer le public vis-à-vis de la recherche. « Vulgariser nos études nous donne une responsabilité plus importante en terme de qualité des travaux », explique-t-il.

Néanmoins, il est important d’avoir en tête l’investissement en temps que représente le crowdfunding. « Je passe deux à trois heures par semaine sur les réseaux sociaux », indique Hervé Devilliers. Une campagne de promotion intense qui, si elle n’est pas soigneusement préparée, peut aboutir à un échec. En effet, les chercheurs doivent atteindre la totalité de leur objectif pour bénéficier de la cagnotte. Le cas échéant, les sommes sont remboursées aux contributeurs.

Les maladies rares à l’honneur
 
« J’avais déjà entendu parler de ce genre d’initiative mais jamais pour le financement de la recherche médicale », indique Hervé Devilliers. « Avant d’être contacté par Thellie, je n’avais pas trouvé d’appel d’offre. » Le chercheur remarque qu’à la différence des études interventionnistes, les études de cohortes sont difficiles à financer par l’intermédiaire du Programme hospitalier de recherche clinique national (PHRC), principal pourvoyeur de fonds publics. Dans ce genre de situation, Thellie représente une alternative appréciable.

Jusqu’ici, trois projets ont été lancés sur le site web, tous concernant des maladies rares. « Les maladies rares sont une cause de cœur pour nous, mais notre objectif est d’étendre le projet à toute la recherche médicale, voire la recherche académique française », explique Jean-Baptiste Roffini. Le site est en pleine expansion, puisqu’il devrait accueillir une quinzaine de projets et des partenariats supplémentaires.
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Lupus : connecter malades et médecins

Hervé Devilliers, médecin-chercheur au CHU de Dijon Bourgogne, travaille sur une interface permettant de mettre en relation plus aisément médecins et patients atteints de lupus systémique. « L’interface renseignerait sur l’état physique, mental et social du malade », explique le chercheur. « Cet outil générerait, à partir des réponses d’un questionnaire rempli par le patient, un score de qualité de vie transmis par e-mail au médecin. » Le médecin aurait ainsi accès au ressenti du patient en direct, ce qui lui permettrait d’anticiper les problèmes. 
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Le projet en trois chiffres

Objectif : 31 200 euros
77,4 % récoltés à ce jour 
jours restants

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

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