Siège d’Alep : quinze médecins écrivent à Obama

Ils comptent parmi les derniers praticiens de la ville

Alors que la partie orientale de la ville syrienne d’Alep est assiégée et privée de toute aide humanitaire, quinze médecins parmi les derniers qui sont restés sur place ont pris la plume pour écrire au président américain.

 

Que faut-il faire quand la situation dans son hôpital devient vraiment désespérée ? Quinze médecins d’Alep, deuxième ville de Syrie dont la partie orientale est assiégée par le régime, ont leur réponse : ils ont écrit au président Obama. Leur lettre, que l’on peut par exemple lire sur le site du Washington Post, fait le tour du web depuis jeudi. Il faut dire qu’elle est poignante.

« Au cours du mois dernier, 42 attaques contre des établissements sanitaires ont eu lieu en Syrie, dont 15 dans des établissements où nous travaillons », expliquent les signataires. « A ce rythme, les services médicaux d’Alep pourraient être entièrement détruits dans un mois ». Ces quinze praticiens comptent parmi les derniers à être demeurés dans la ville. Le Guardian précise que d’autres, lassés d’adresser des appels à l’aide qui restent sans réponse, ont refusé de cosigner la lettre.

Des nouveaux-nés en couveuse privés d’oxygène

Les conditions dans lesquelles les soignants doivent exercer à Alep ont dépassé les limites du supportable. « Ce qui nous peine le plus en tant que médecins, c’est de choisir qui doit vivre et qui doit mourir », « écrivent les auteurs de la lettre. « Les jeunes enfants qu’on amène dans nos services d’urgence sont parfois si gravement blessés que nous devons donner la priorité à ceux qui ont le plus de chances de s’en tirer. »

Les signataires relatent également le cas de quatre nouveau-nés qui se trouvaient dans des couveuses il y a deux semaines. « Ils sont morts asphyxiés après qu’une explosion a coupé l’arrivée d’oxygène », dévoilent-ils.

Pas de réelle solution humanitaire en vue

Cette lettre intervient alors que des discussions sont en cours sur la meilleure manière d’acheminer de l’aide humanitaire aux quartiers assiégés. La Russie, alliée du régime qui assiège la ville, a proposé une pause quotidienne de trois heures, avec arrêt des bombardements. Une fenêtre jugée largement insuffisante par la plupart des experts.

Contacté par CNN, un responsable de la Maison Blanche a confirmé avoir reçu la lettre. « Ces attaques sont terrifiantes et doivent cesser », a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement américain travaille avec les Nations Unie et la Russie pour trouver une solution diplomatique permettant de réduire le niveau de violence et acheminer l’aide humanitaire dans la ville. Sans succès pour l’instant.

Source: 

Adrien Renaud

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