Salaires hospitaliers : un pognon de dingue !

1 % des agents de la fonction publique gagnent plus de 6 410 euros nets par mois, selon une étude récente de l’Insee. Etonnamment, c'est la fonction publique hospitalière (FPH) qui se taille la part du lion dans cette catégorie.
 

Vous êtes bien assis sur votre chaise, voire votre fauteuil avec airbag intégré ? On va donc pouvoir balancer les chiffres en douceur. Hé bien, sachez tout d’abord que les 10 % les mieux rémunérés dans la fonction publique percevaient en 2016 au moins 3 260 euros nets par mois en équivalent temps plein (ETP), selon une étude récente de l’Insee. Les 1 % les mieux payés gagnaient au moins 6 410 euros nets par mois, contre au moins 7 330 euros pour les « 0,5 % » qui palpent le plus.
 
Mais c’est là que ça se complique pour la fonction publique hospitalière (FPH)… La distribution des rémunérations est à l’avantage de la fonction publique d’état (FPE) pour les 10 % les mieux payés. Mais, au-delà, c’est dans la FPH que l’on retrouve les plus hauts revenus. Le seuil de salaire délimitant les 1 % des agents les mieux rémunérés de la FPH est nettement plus élevé que dans les autres versants (ou "sous-statuts" si vous cherchez un synonyme ?) de la FP : 7 560 euros par mois contre 6 370 euros dans la FPE et 4 580 euros dans la FPT.
 
C’est aussi dans la FPH que les rémunérations sont les plus dispersées, avec un ratio de 4,0 entre les 1 % les plus rémunérés (dernier centile) et le salaire médian (1 900 euros) alors qu’il est de 3,2 sur l’ensemble des trois versants de la FP.
 

54% des plus gros salaires dans la fonction publique hospitalière

Et, si l’on passe à la loupe les « 1 % » des plus hautes rémunérations, 26 260 emplois sur 48 500 emplois sont situés dans la FPH (essentiellement dans les hôpitaux), contre 19 640 dans le FPE et 2 650 dans la FPT. Ils représentent donc plus de la moitié (54 %) des 1 % les mieux rémunérés, alors que la FPH rassemble 22 % des effectifs de la FP…
 
Pour savoir s’il faut en rire ou en pleurer, on pourrait par exemple se demander quels sont les métiers concernés par ces 1 % ? 43 % sont des fonctionnaires, 51 % des salariés au statut particulier, parmi lesquels figurent des médecins : des praticiens hospitaliers (PH) et des personnels hospitalo-universitaires.
 
Dans le détail, 34 % des praticiens hospitaliers rentrent dans cette catégorie (rémunération mensuelle nette supérieure à 6 410 euros en 2016, soit 5 549 euros net en moyenne en équivalent temps plein (EQTP)), contre 23 % des personnels hospitalo-universitaires (4 891 euros en EQTP), 38 % des emplois de direction (6 005 euros en EQTP ) et 5 % de salariés de l’encadrement supérieur (6 005 euros en EQTP).
 
Ce qui est plus surprenant par ailleurs, « surprenant » étant ici prononcé avec un ton ironique, c’est que la part des femmes (63% des agents de la fonction publique quand même) dans les hautes rémunérations diminue quand les revenus s’élèvent. Elles représentent 45 % des 10 % des agents les mieux rémunérés, mais seulement 33 % dans le dernier centile.
 

Majoritairement des hommes

Mais c’est encore dans le privé que l’on retrouve le plus fréquemment ces hautes rémunérations. En 2015, les 1 % de salariés les mieux payés du secteur percevaient 8 280 euros en EQTP. Accrochez-vous, on vous aura prévenu… 1 %  des non-salariés gagnait plus de 23 700 euros en moyenne par mois…  Et, ce qui est « surprenant », c’est que « ces 17 000 non-salariés les mieux rémunérés sont majoritairement des hommes (85 %) exerçant en moyenne une activité indépendante depuis près de 20 ans », précise l’étude. Des « winners » (au sens « start-up nation ») qui sont souvent médecins, dentistes ou pharmaciens (45 % d’entre eux) ou exercent des activités juridiques et comptables (30 %).
 
Mais il faut toutefois prendre ces derniers chiffres avec des pincettes, car « le revenu d’activité des non-salariés n’est toutefois pas directement comparable à celui des salariés du privé et de la fonction publique, souligne l’Insee. Notamment, il intègre les contributions sociales, ne prend en compte la durée de travail qu’à travers la durée d’affiliation au régime de protection sociale des non-salariés de l’année et couvre une part des investissements nécessaires pour l’exercice de l’activité. »

Vous vous sentez mieux ? Vous êtes donc sans doute en mesure de comprendre que « ces différents facteurs concourent à ce que la rémunération moyenne des praticiens libéraux (8 620 euros par mois en 2016) est, par exemple, supérieure à celle des praticiens hospitaliers (5 550 euros par mois) et que parmi les premiers, ceux exerçant exclusivement à titre libéral perçoivent de leur activité non salariée 28 % de plus en moyenne que ceux qui cumulent une activité en hôpital », poursuit l’Insee. Vous comprenez mieux ou les 23 700 euros vous restent toujours en travers de la gorge ?
 

Portrait de Julien Moschetti

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