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L’enquête, menée avec le consortium international OCCRP, Le Monde et le quotidien belge De Tijd, met en cause les failles du système européen IMI (Internal Market Information), une plateforme destinée à signaler les professionnels suspendus ou radiés dans l’Union européenne.
Le cardiolgue, âgé de 65 ans, avait été condamné en mars 2024 par le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence à quatre ans de prison, dont trente mois avec sursis, pour « agressions sexuelles ». Onze femmes s’étaient constituées parties civiles.
Les plaignantes décrivaient notamment des consultations se déroulant porte fermée à clé, avec des palpations à caractère sexuel présentées comme des examens médicaux, voire, dans certains cas, l'utilisation d'une caméra cachée.
Direction Bruxelles
Selon l’enquête, le cardiologue s’était inscrit auprès de l’Ordre des médecins belge deux mois avant sa condamnation définitive. Après avoir purgé une peine de dix-huit mois sous bracelet électronique, il a repris une activité dans un hôpital bruxellois.
L’établissement assure avoir respecté la réglementation, indiquant qu’il « disposait d’une autorisation d’exercer sur le territoire ».
Le praticien, interrogé par France 2, explique avoir voulu continuer à travailler pour indemniser les victimes : « En dehors de la médecine, je ne sais rien faire ».
Pourtant, il faisait l’objet d’une alerte dans le système IMI, créé en 2013 pour permettre aux États européens d’échanger des informations sur les professionnels sanctionnés pour des « motifs graves liés à l’exercice de la profession ».
Alertes peu exploitées
Les journalistes ont analysé plus de 2 000 alertes IMI émises entre 2021 et 2025. Selon leur enquête, aucune trace de consultation par une autorité française n’apparaît dans cet échantillon.
L’Ordre des médecins français affirme ne pouvoir accéder techniquement à ces alertes que depuis janvier 2026. Jusqu’alors, leur suivi relevait de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), qui reconnaît que le système mériterait d’être amélioré.
L’enquête identifie aussi au moins deux médecins radiés à l’étranger mais exerçant actuellement en France : un anesthésiste radié en Belgique et un ophtalmologue interdit d’exercer en Italie. Tous deux avaient fait l’objet d’alertes européennes pour « motifs graves ».
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