Publier : faut-il oublier les cas cliniques ?

Quelle revue pourrait donc résister À l’expression de ma plume inimitable?? Reste -t-il une place pour publier mon case-report??

Grâce à la Recette du case-report de papa, m’en vais faire ma tambouille … Avec ça, j’finirai « Top Chef » en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !

 

Les motivations d’écrire et de publier répondent parfois à des raisons personnelles (promotion, amélioration de son savoir, de son jugement, reconnaissance de ses confrères, networking…) ou à des considérations purement altruistes (diffusion des connaissances, recherche du discernement…).

Quoi qu’il en soit, la première occasion survient souvent lors de la prise en charge d’un cas particulier, d’un patient pour lequel le patronnous demande une biblio, un exposé et finalementla rédaction d’un cas clinique pour publication.

Diantre, la belle affaire ! L’objectif de cet exercice de style est de susciter la curiosité scientifique, autour du caractère innovant d’une thérapie ou d’une présentation particulière de pathologie.

En ce sens, cela constitue un très bon départ dans le monde de la publication. N’oublions surtout pas que c’est bien à propos d’un cas que l’imatinib a révolutionné la thérapeutique antitumoraledans les tumeurs stromales digestives ou, même, que la laparoscopie est devenue le standard de la surrénalectomie ! Le case-report n’est donc pas vain, scientifiquement.

Pour autant, la pression éditoriale et la volonté d’augmenter l’impact-factor (IF) sont telles (lire : Impact factor : calculs et stratégies) qu’elles ont réduit très sérieusement les chances de publication d’un cas clinique.

Pas assez cités, ils accaparent, aux yeux de l’éditeur, trop de place dans un journal sans contribuer à l’ascension de son IF. Il faut reconnaître aussi que, très fréquemment, ces papiers ont un niveau de preuve très faible et contribuent peu à l’enrichissement scientifique. Le taux de refus est donc très élevé, quand la soumission de case-report n’est pas carrément interdite.

 

Autrement dit, pour espérer publier un cas clinique, mieux vaut compter sur un fait exceptionnel, jugé comme tel par les futurs lecteurs. Un petit conseil doncavant de se lancer dans l’aventure, commençons d’abordpar s’assurer, auprès du big boss ou du roi de la publi duservice, de l'intérêt de notre cas. Cela évitera bien desheures perdues et une frustration souvent très mal vécue.

Enfin, pour les sujets qui tiennent la route mais qui peinent à être acceptés, sachez que se développent depuis peu des revues spécialisées de publications de… cas cliniques ! Comptez, pourquoi pas, sur le Journal of Medical Case Reports, par exemple, en sachant qu’il faudra débourser 1 000 à 1 500 g car la publi est payante…

 

Alors, intérêt scientifique ou commerce sur le dos de nos egos ?

À vous de voir…

 

Par Christophe Mariette

PU-PH de chirurgie viscérale (Lille). Reviewer de nombreuses revues chirurgicales ou d'oncologie (The Lancet Oncology, The Annals of Surgery, British Journal of Surgery…).

Portrait de Christophe Mariette
article du WUD 9

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