Programme santé : les internes examinent la palette de choix

`A prendre ou à laisser

En vue de la présidentielle, la rédaction a décidé d'interroger les différents syndicats de médecins sur les propositions santé des candidats. Pour ce troisième épisode, c’est Eléonore Tron, vice-présidente de l’inter-syndicat national des internes (Isni) qui répond à nos questions.

 
Qui dit nouveau président dit nouveau programme santé tout beau tout chaud. Oui mais lequel ? La rédac’ interroge les syndicats sur les propositions qu’ils souhaiteraient reprendre et celles qu’ils préfèreraient laisser à la poubelle.

Pour Eléonore Tron, vice-président de l’inter-syndicat national des internes (Isni), les programmes santé des candidats sont peu convaincants. : « Dans l’ensemble, les propositions sont très vagues ». Elle ajoute que « concernant la prévention, des efforts ont été fait mais nous sommes encore loin du compte ». Le constat est le même pour la recherche  « Il n’y a toujours qu’une seule ligne au programme », remarque-t-elle.

Cependant, une idée semble sortir du lot : la notion de salariat pour les médecins. « C’est une proposition qui étonne certains séniors mais nous pensons que des jeunes peuvent être intéressés », note la vice-présidente. « Avoir moins de préoccupations administratives et la sécurité de l’emploi avec un salaire fixe ne sous semble pas aberrant. » Toutefois, pour Eléonore Tron, cette mesure n’aurait sa place que dans les déserts médicaux, en complément de ce qui existe déjà. « Le secteur libéral doit être conservé. »

Trop de pouvoir aux mutuelles, c’est non !

Quant à la mesure santé qui effraie l'Isni, elle est toute trouvée : la suppression de l’aide médicale d'Etat (AME) aux étrangers en situation irrégulière, proposée par François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan ou encore Marine le Pen. « Nous nous y opposons totalement », affirme EléonoreTron.

Quant à l’accroissement du rôle des mutuelles et complémentaires voulu par François Fillon, elle n’enchante guère le syndicat des internes. « Le risque est d’augmenter les inégalités sociales de santé parmi nos patients », déclare la vice-présidente. De plus « que vont faire les complémentaires de toutes ces données patients ? », se questionne-t-elle.

Pour finir, Eléonore Tron salue l’envie des candidats d’augmenter le nombre de maisons de santé mais reste sceptique. « Beaucoup de collectivités s’équipent en maisons de santé et se retrouvent sans médecin », prévient-elle. « Une maison de santé est avant tout un projet médical commun fait avec des professionnels de santé. »

Bref, peut mieux faire.

Pour consulter le premier épisode de notre série « À prendre ou à laisser » avec Stéphane Bouxom de l’ISNAR, c'est par ici. Et pour le deuxième, avec le Dr Jean-Michel Badet, président du SNPH-CHU, c'est par  !

 

 

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

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