Prévalence, diagnostic, traitements, dons… Tout ce qu’il faut savoir sur les cancers du sang en amont de Septembre Rouge

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À l’occasion de Septembre Rouge, cinquième campagne nationale de sensibilisation aux cancers du sang, petit rappel sur ces maladies qui touchent chaque année environ 45 000 personnes en France, leurs diagnostics et leurs prises en charge.

Prévalence, diagnostic, traitements, dons… Tout ce qu’il faut savoir sur les cancers du sang en amont de Septembre Rouge

© Midjourney x What's up Doc

 

Le cancer du sang regroupe plusieurs pathologies graves qui prennent naissance dans la moelle osseuse, le sang ou le système lymphatique : les leucémies, les lymphomes et les myélomes. Il touche environ 45 000 personnes chaque année en France, soit 12% du total des cancers.

« Dans l'imaginaire collectif, les maladies du sang, c'est la leucémie aiguë incurable qu'on voit dans les films et les séries : quelque chose d'effroyable », observe le Pr Emmanuel Raffoux, chef de service en hématologie à l'hôpital Saint-Louis (AP-HP) et président de la Société française d'Hématologie.

Mais les progrès thérapeutiques récents ont fortement amélioré le pronostic. Le taux de survie à 5 ans atteint 90% pour la leucémie myéloïde chronique et le lymphome de Hodgkin, mais varie davantage (entre 27% à 69%) pour la leucémie myéloïde aiguë.

Des traitements ciblés

Face à ces « maladies multiples », « il existe des traitements ciblés tels que l'immunothérapie (cellules CAR-T, anticorps monoclonaux ndlr), avec moins de toxicité et une efficacité beaucoup plus grande », qui utilisent le système de défense du corps pour lutter contre la maladie, résume l'hématologue Pr Jean-Jacques Kiladjian, responsable du Pôle recherche clinique à l'Inserm.

L'identification de marqueurs génétiques a permis de personnaliser les traitements. « Autrefois constamment mortelles, certaines maladies sont devenues chroniques chez la plupart des patients, comme le myélome ou certains lymphomes de type B, grâce aux énormes progrès des thérapies, et peuvent même être éradiquées grâce à certains anticorps monoclonaux », ajoute-t-il.

Les enfants première cible 

Les cancers du sang sont la première cause des cancers pédiatriques. Sur quelque 2 300 enfants et adolescents atteints d'un cancer chaque année en France, 28% de ceux âgés de 0 à 14 ans sont touchés par une leucémie et environ 11% par un lymphome.

Malgré « la difficulté de conduire des essais thérapeutiques à grande échelle » en raison d'un nombre de patients plus faible, « les progrès thérapeutiques sont aussi spectaculaires, notamment avec l'immunothérapie dans les leucémies de l'enfant », rapporte le Pr Kiladjian, qui est aussi président du conseil scientifique de l'association Vivre avec une NMP (néoplasie myéloproliférative), à l'initiative de Septembre Rouge.

Des diagnostics toujours tardifs

« Lorsqu'on fait une numération formule sanguine par une prise de sang en laboratoire, les résultats pathologiques, comme des plaquettes un peu élevées, ne sont pas forcément pris en compte. Or, parfois, des complications qu'on aurait pu éviter se développent », expose le Pr Kiladjian.

« Face à un taux de plaquettes par mm3 de 400 000 à 500 000, voire 600 000, à l'occasion d'un épisode infectieux, on va se dire: “Oh, ce n'est rien, c'était l'infection, ça va passer”... et on ne refera pas de contrôle trois à six mois après ».

Il arrive que ces patients « restés avec leurs plaquettes élevées, aient, deux ou trois ans après, une complication thrombotique, un infarctus, un AVC... », explique l'hématologue.

« Neuf fois sur dix, une numération anormale sera liée à une infection, mais si elle persiste, cela mérite une consultation d'hématologie », souligne ce praticien. Car « le problème est que ces maladies sont peu symptomatiques : les gens ont l'air d'aller bien ».

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Le don reste indispensable

Tous les patients traités pour des leucémies aiguës ont besoin, dans leur parcours, d'importantes transfusions de globules rouges et de plaquettes.

« Une leucémie, c'est un désordre complet de la moelle osseuse. Avant de la remettre en route pour qu'elle refabrique de bonnes cellules, il va falloir tout détruire mais, pendant ce temps, l'organisme ne produit plus rien. Or on ne peut pas vivre sans globules rouges, sans plaquettes », explique le Pr Raffoux.

« Sans donneurs de sang, il n'y a pas de programmes thérapeutiques », résume-t-il, « leur mobilisation est hyper importante ».

Avec AFP

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