Présidentielle 2017 : le monde de la santé fait barrage au FN

Second tour le 7 mai 2017

Avec plus de 24% des suffrages exprimés, Emmanuel Macron a devancé Marine Le Pen au 1er tour de la Présidentielle de 2017. Et le Président d’« En Marche ! » est en train d’accumuler les nouveaux soutiens pour le second tour. Il fait presque carton plein dans le monde de la santé qui veut faire barrage au FN. 

Après des semaines d’une intense campagne, les dépouillements du 1er tour de la Présidentielle 2017 ont livré leur verdict dimanche soir. Les deux candidats qualifiés pour le second tour sont Emmanuel Macron (En Marche !) en tête, suivi de Marine Le Pen (Front National). Une candidate de la droite nationaliste dans le sprint final ? Il n’en fallait pas moins pour faire réagir le monde de la santé qui reste très largement hostile à toutes les thèses extrémistes.

Les premières réactions sont venues très vite. Le premier à avoir dégainé est sans doute Thierry Baudet, élu l'an dernier président de la Mutualité Française. Dans un communiqué publié à peine quelques minutes après l’annonce des scores, il appelait à « faire barrage au Front National le 7 mai prochain ». « En tant que président de la Mutualité Française, (…), je ne peux qu’appeler (…) à repousser la tentation de l’extrême droite, de l’exclusion et de la discrimination, aux antipodes de nos valeurs et de nos actions ». « Liberté, Egalité, Fraternité et Mutualité », scande-t-il.

Des médecins sans ambiguïté

Pas de pudeur de gazelle non plus de la part du patron des hôpitaux publics. Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF), n’a pas hésité à tweeter « Cette élection est un séisme pour la droite et le centre. Le 7/5, je voterai Emmanuel Macron sans état d'âme pour contrer le FN ». Puis le maire Les Républicains (LR) de Fontainebleau (Seine-et-Marne) a relayé toute la soirée les messages des ténors de son parti (Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin) donnant la même consigne.

C’est aussi le cas du Dr Jean Leonetti, porte-parole santé de Francois Fillon. Sur Twitter, il écrit qu’il votera Emmanuel Macron « pour éviter le projet du Front National qui est un danger économique pour la France ». Le médecin urgentiste et Président de l'AMUF (1), Patrick Pelloux écrit lui : « Je voterais Macron sans aucune hésitation ».

Alors que des syndicats prennent leur responsabilité…

Puis ce lundi matin, les syndicats de médecins ont pris aussi leurs responsabilités. Côté généralistes, le président de MG France, Claude Leicher, pense qu’il n’y a pas de discussion possible. « Macron-Le Pen ? Il faut voter Macron », nous a-t-il confié à titre personnel.

Mais il annonce également que son syndicat, le 1er dans la profession, prépare un communiqué. « Dedans, il sera très clairement indiqué que les valeurs d’universalité, d’accès aux soins, et d’égalité de tous les patients ne nous permettent pas de voter pour un(e) candidat(e) ». On a connu plus flou comme sous-entendu...

C’est notamment la proposition de supprimer l’Aide Médicale d’Etat (AME), dans le programme frontiste, qui choque énormément ces médecins. Toujours chez les libéraux, la FMF (2) et la CSMF (3) ont des positions similaires : pas de consigne de vote directe mais des mots qui incitent largement leur camp à choisir l’ancien ministre de l’Economie.

…d’autres rappellent leur indépendance

Contactés par la rédaction de WUD, les internes de l’ISNI préfèrent eux rester dans la neutralité. Olivier Le Pennetier, leur président, rappelle le caractère « apolitique et indépendant du syndicat ». Pareil pour l’ANEMF (4) qui se contente d’appeler les étudiants en médecine à faire un choix « en conscience ». Le président de cette association, Antoine Oudin, indique toutefois qu’un conseil d’administration (CA) est prévu prochainement au sein de sa structure. A voir donc si cette position restera inchangée jusqu’au 7 avril...

Une chose est sûre en tout cas, les lecteurs de What’s up Doc n'auront pas de difficulté à faire leur choix. Invités à répondre à un sondage du 10 au 16 avril, Emmanuel Macron (30 %) arrivait en effet largement en tête des intentions devant François Fillon (21 %) et Jean Luc Mélenchon (11%). Marine Le Pen n’avait pas récolté une seule voix sur les 349 votes.
Mais quoi de plus logique quand on a prêté le serment d'Hippocrate ?

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions ». 
« Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera ». Ces passages sans équivoque, on l'espère, résonneront le 7 mai dans la tête de chacun au moment, dans l'isoloir, de glisser son vote dans l'enveloppe, afin que celui de Marine Le Pen finisse, lui, à la corbeille... 

(1) Associations des Médecins Urgentistes de France

(2) Fédération des Médecins de France

(3) Confédération des Syndicats Médicaux Français

(4) Association Nationale des Etudiants en Médecine de France

 

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

Portrait de La rédaction

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