Pourquoi « prévention » rime toujours avec « mollasson » ?

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Prévenir plus aujourd’hui pour soigner moins demain : ce précepte imparable a bien du mal à s’imposer en France. Pourquoi ? C’est ce que nous essayons de comprendre avec François Bourdillon dans le nouvel épisode du podcast Aux bons soins.

Pourquoi « prévention » rime toujours avec « mollasson » ?

Ramoloss la prévention ?

© DR.


On ne va pas se mentir : en ce moment, ça ne va pas très fort chez les soignants. Entre les bronchiolites qui font flamber l’automne et les urgences fermées qui ont compliqué l’été, on peine un peu à trouver de bonnes nouvelles à se mettre sous la dent. Mais il y a peut-être un pan du système de santé qui est encore plus à la peine que les autres : la prévention, fameux « parent pauvre » de la famille sanitaire. Voilà qui est paradoxal, car n’est-ce pas notamment en mettant l’accent sur la prévention que l’on peut un jour espérer faire baisser la pression sur les cabinets et les établissements ? Voilà la question que nous discutons dans le premier épisode de la deuxième saison d’Aux bons soins, le podcast qui ausculte les politiques de santé.

Et pour y répondre, quel meilleur invité que le Pr François Bourdillon, ex-DG de Santé publique France ? Du problème du financement à celui des lobbys, en passant par la difficulté d’accorder temps politique et temps de la prévention, sans oublier les exemples étrangers qui ont pu l’inspirer, celui qui fut, selon ses propres termes, « le patron de la prévention » dresse au cours de cet entretien un tableau sans concession de l’état du « mieux vaut prévenir que guérir » dans notre pays.

Sans concession, mais pas sans espoir

Mais attention : avec lui, un tableau sans concession n’est pas forcément sans espoir. Certes, François Bourdillon n’est pas tendre avec la politique actuelle du gouvernement : n’attendez pas de lui qu’il s’esbaudisse devant le nouveau nom du ministère de la Santé, rebaptisé en juin « ministère de la Santé et de la Prévention », ou qu’il tresse des couronnes de laurier à François Braun pour avoir inclus dans le PLFSS 2023 trois consultations de prévention aux âges-clé de la vie. Mais il reste convaincu qu’il est possible d’avoir un système de santé qui marche sur ses deux jambes. « Il faut les deux politiques, plaide-t-il, ce n’est pas "déshabiller Pierre pour habiller Paul" ! »

Reste à savoir comment faire pour y parvenir. On ne vous promet pas que ce podcast dévoile la recette miracle pour célébrer enfin les noces du curatif et du préventif, mais on espère que l’auditeur y trouvera matière à alimenter sa réflexion sur le sujet… Bonne écoute !

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