Plan Urgences : Kierzek contre, la FHF tout contre

Le Dr Gérald Kierzek n'est pas d'accord avec le président de la FHF, au sujet du plan Urgences pour l'hôpital, et le fait savoir. 

Le déluge des réactions suite à la présentation du plan Urgence pour l'hôpital ne s’est pas tari, loin de là. Dernière en date, celle du très médiatique Dr Gérald Kierzek, qui s’est fendu d’un tweet ironique à l’attention de la FHF, laquelle par la voix de son président, Frédéric Valletoux, a applaudi le plan présenté pour l’hôpital présenté mercredi matin par Agnès Buzyn et Edouard Philippe. Le tâcle de Gérald kierzek a été sévère : 

Contacté par WUD, le Dr Kierzek se justifie : « Selon moi, Frédéric Valletoux est dithyrambique sur ce plan, car il voit les élections municipales qui approchent et ne voudrait pas que La République en marche lui mette un candidat face à lui. » Car pour l’urgentiste de l’Hôtel Dieu, ce plan n’est, ni plus ni moins, que la marque du « mépris » du pouvoir pour les hospitaliers : « C’est la première fois que l’on voit cela : aucune des 4 revendications du mouvement social hospitalier n’a été prise en compte par le pouvoir. Il n’y a rien sur l’Ondam (l’Ondam a été revalorisé à 2,45% alors que les Collectifs attendaient 4%, NDLR), rien sur la revalorisation des salaires, rien sur la démocratie sanitaire, ou la prise de décisions (il est prévu des prises de décisions conjointes entre président de CME et directeur d’établissement, NDLR)… C’est de l’enfumage », explique le Dr Gérald Kierzek.

Les primes, c'est "déplacé"

Pour lui, la promesse de primes contenue dans ce Plan (entre autres des primes d’engagement dans la carrière hospitalière, indemnités temporaire de mobilité, prime d’exercice territorial… NDLR) est complètement « déplacée ». « Nous sommes dans une situation de blocage : on supprime le statut de PH, on fait la chasse aux intérimaires. On assiste là à une destruction de l’hôpital public, et à une poursuite du plan technocratique initiée par Bachelot, poursuivi par Touraine, et Agnès Buzyn maintenant. » Non seulement les mesures financières ne sont pas au rendez-vous, selon le Dr Kierzek, mais les mesures de fond, organisationnelles, ne sont pas non plus dans ce plan. « J’en veux énormémement aux médecins de la LREM, comme Thomas Mesnier, Agnès Buzyn ou encore Olivier Véran, qui laisse un tel plan se mettre en place. Ce n’est pas éthique ! » À moyen terme, ce sont des hôpitaux qui vont devoir fermer, faute de PH « qui vont quitter l’hôpital, et qui ne pourront être remplacés par des intérimaires ».  À long terme, le Dr Kierzek imagine un « hôpital public pour les pauvres, avec des médecins étrangers », et des hôpitaux privés pour les autres, financés par des mutuelles.

Mise en cohérence

La FHF n’a pas une vision aussi pessimiste de l’avenir de l’hôpital public. Suite à la présentation du plan Urgence, la fédération hospitalière de France (FHF) a salué « ces premières mesures qui répondent en grande partie aux enjeux immédiats qu’elle avait identifiés ». Et d’ajouter : « Ces mesures sont une mise en cohérence entre les annonces politiques et les actes budgétaires, ce qui avait cruellement fait défaut dans les intentions budgétaires initiales. » Tout en promettant la plus grande vigilance : « La FHF sera vigilante quant à l’application concrète de ces mesures, notamment sur la reprise partielle de la dette des hôpitaux qui ne peut se faire à l’aveugle et qui devra reposer sur des critères objectifs. » Deux visions, deux styles…

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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