© Midjourney x What's up Doc
Ces « pratiques » sont « susceptibles de s’affranchir des exigences médicales et déontologiques indispensables à la sécurité des patients », indique le syndicat dans un communiqué.
« Les autorités doivent s’emparer de la téléexpertise optique », la procédure utilisée par les opticiens pour fournir les ordonnances à leurs clients, « pour poser un cadre clair, garantissant à la fois son développement et la sécurité des patients », indique Vincent Dedes, président du Snof, cité dans le communiqué.
Depuis quelque temps, des sociétés proposent aux opticiens de fournir en quelques heures des prescriptions de lentilles ou de lunettes à leurs clients, sur la base d’un examen visuel réalisé par l’opticien lui-même dans son magasin.
Des prescriptions à distance
Ces prescriptions sont établies à distance par un médecin ophtalmologiste travaillant pour ces sociétés, sur la base des données du contrôle visuel réalisé par l’opticien. Le médecin n’a aucun contact direct avec le patient.
Ces sociétés revendiquent de lutter, à leur façon, contre les difficultés d’accès à un médecin ophtalmologiste pour obtenir des lunettes ou des lentilles.
Mais les téléexpertises réalisées de cette manière n’atteignent pas cet objectif, estime le Snof.
Un usage surtout urbain
Selon le syndicat, qui s’appuie sur des données de facturation de l’assureur complémentaire Alan, ces prescriptions sont « majoritairement réalisées » pour des patients de grandes métropoles, et non de déserts médicaux.
Le Snof souligne également le risque de voir émerger une sous-détection du glaucome, une pathologie que, selon lui, seul un rendez-vous avec un médecin ophtalmologiste peut permettre de détecter.
Un cadre encore flou
L’État, l’Assurance maladie et les complémentaires santé, qui assurent l’essentiel du remboursement des lunettes et des lentilles, n’ont pas encore défini de position bien établie face aux sociétés fournissant ces ordonnances.
Un article de la loi « fraude », adoptée en juin dernier par le Parlement, exige en principe, pour toute prescription, une communication directe entre le médecin et le patient.
Mais les conditions d’application de cette disposition restent encore à définir, alors que les autorités ne veulent pas non plus entraver le développement de la télémédecine.
Avec AFP
A voir aussi
6 jours sur un brancard aux urgences : l'ARS s'en mêle et demande des explications au CHU d'Orléans