Olivier Véran.
© Instagram Olivier Véran.
Olivier Véran est revenu sur la réception de cette distinction en des termes personnels, loin d’un discours institutionnel. « Vendredi soir, j'ai reçu la Légion d'honneur. Je ne sais pas exactement ce qu'on est censé ressentir dans ces moments-là. Un mélange, sans doute : de gratitude, d'humilité, et ce brouhaha intérieur qu'on connaît tous dans les grands soirs. »
Il rappelle un parcours marqué par plusieurs fonctions, tout en relativisant ces statuts. « J'ai été médecin, neurologue, député, ministre, mais ces étiquettes ne disent pas l'essentiel. Ce qui m'a toujours guidé, c'est une curiosité chronique, légèrement envahissante, et jamais totalement calmée. »
Médecine et politique : une tension assumée
Dans son message, il établit un parallèle entre ses deux univers professionnels. « La médecine et la politique ont l'air de s'opposer. Et pourtant, dans les deux cas, il faut décider — en sachant que l'inaction est aussi une décision, souvent la plus confortable, parfois la plus fautive. Il faut expliquer, avec clarté et loyauté. Et il faut assumer. »
Il revient également sur la crise sanitaire comme point de convergence. « La pandémie a été le moment où ces deux mondes se sont percutés de plein fouet. »
L’hommage aux équipes
L’ancien ministre insiste sur le caractère collectif de l’action publique, notamment durant la pandémie. « Rien de ce qui a été fait n'aurait tenu sans l'engagement extraordinaire de celles et ceux qui ont travaillé à mes côtés, en cabinet, dans les ARS, sur le terrain. Ce ruban est avant tout le leur. La France sait ce qu'elle leur doit. »
Il inscrit aussi son discours dans une continuité historique. « Ce soir, en regardant cette salle, je pensais à Pasteur et à cette conviction que le hasard ne favorise que les esprits préparés. Je crois profondément que c'est vrai en science, en médecine, en politique, et dans la vie. »
Un message adressé à ses enfants
La fin de son message prend une tonalité plus intime, tournée vers la transmission. « À mes enfants Romain et Nina, je voulais leur dire ceci : vous rencontrerez l'imprévu. Ce qui fera la différence, ce ne sera ni la chance ni les titres. Ce sera la solidité intérieure que vous aurez construite. »
Il conclut sur une forme d’éthique personnelle. « Travaillez votre liberté. Travaillez votre exigence. Travaillez votre conscience. Le reste appartient au hasard. Mais le hasard, lui, ne choisit que ceux qui sont prêts. Merci à tous ceux qui étaient là ce soir. Votre présence était le plus beau des hommages. »
Olivier Véran a partagé ce message le 30 mars sur LinkedIn, accompagné d’images de la cérémonie organisée à Paris Santé Campus, quelques jours après avoir reçu la décoration.
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