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Déclarée le 15 mai, cette épidémie se propage plus vite qu'aucune auparavant et a déjà fait 600 mort, dans une zone pauvre, sillonnée par les groupes armés.
Sous une tente, au centre de formation de MSF à Nairobi, dix professionnels de santé, susceptibles d'être déployés sur un foyer épidémique ou basés dans des pays voisins, viennent notamment apprendre à travailler en se protégeant du virus, réel danger pour les personnels soignants.
Ebola, qui a tué plus de 15 000 personnes en Afrique ces 50 dernières années, provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse via les fluides corporels des malades, vivants ou morts. Sur les plus de 1 700 cas confirmés en RDC depuis le début de l'épidémie, 112 étaient des soignants, dont 35 sont décédés.
Le centre a déjà formé une centaine de membres du personnel de MSF et va recevoir des employés du ministère kényan de la Santé et d'autres ONG.
« Un de nos projets est proche de la frontière (avec la RDC), donc on veut être préparés et faire en sorte que nos équipes soient préparées », explique une participante, Diana Corben, coordinatrice médicale adjointe de MSF en Centrafrique. Médecin de 37 ans, cette Mexicaine n'a jamais eu à faire à Ebola.
Apprendre à gérer le stress
Première difficulté, enfiler correctement l'équipement de protection: combinaison jaune, bottes en caoutchouc, tablier, large cagoule avec collerette, masque, lunettes et deux paires de gants - en caoutchouc et jetables.
L'heure d'habillage est inscrit sur le col. Ainsi harnachés, les soignants transpireront des litres et ne pourront travailler qu'une heure dans la chaleur et l'humidité congolaises.
Les participants sont des professionnels aguerris. Mais la dangerosité du virus, l'inconfort de l'équipement, les protocoles stricts, le travail obligatoire en tandem, le stress et le climat créent des difficultés particulières.
« On a des connaissances (...) et on pense qu'on peut » gérer ce gendre d'épidémie, « mais une fois qu'on est dans un EPI (Equipement de Protection Individuelle), là c'est une autre réalité », rappelle Cissé Papa Ndiaga, responsable de Promotion de la santé sur le terrain, « il faut gérer le stress », ainsi que celui « des collègues » et « du patient ».
A 43 ans, il a travaillé durant l'épidémie d'Ebola la plus meurtrière, qui a fait 28 000 morts en Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2016, et s'apprête à être déployé sur une zone de l'actuelle épidémie.
Le formateur rappelle les différentes zones - à faible ou haut risque selon la présence de cas confirmés, de cadavres ou de cas suspects -, les protocoles, la nécessité de garder un œil sur son binôme, ou de sortir à l'approche du malaise, possible sous la chaleur de l'équipement.
Aucune erreur permise
« Je ne considère pas effrayant de devoir s'occuper d'Ebola si l'on est conscient des mesures à prendre », assure Diana Corben, « c’est plus effrayant si l’on ne fait pas confiance aux membres de son équipe (...) la confiance est essentielle ».
Equipés, les participants simulent l'examen d'une femme disant souffrir de fièvre et de vomissements ou le déplacement avec les précautions nécessaires d'un patient décédé.
Enlever ensuite, en sueur, les couches de protection en évitant de se contaminer est une opération minutieuse, là aussi en tandem, le binôme pulvérisant en continu une solution désinfectante.
Outre la sécurité, la formation insiste sur le contact avec les communautés. Les participants tentent ainsi de convaincre une fausse patiente d'être isolée et testée pour Ebola, alors qu'elle insiste souffrir de paludisme.
Un bon contact « aide à établir la confiance », explique Angela Thiong'o, une responsable du centre de MSF. « Quand la population comprend » la nécessité de « mesures sanitaires, elle est plus susceptible de coopérer ».
Les gens « peuvent repérer les symptômes d'Ebola et viennent se traiter tôt ». « Cela permet aussi de réfuter mythes ou idées fausses sur Ebola » et d'enseigner des mesures telles que la prise en charge correcte des cadavres, « hautement contagieux », ou l'organisation de funérailles sûres.
A l’issue de la formation, Diana Corben retient que sur place, « il y aura beaucoup de facteurs de stress ». « C'est une simulation, donc la réalité sera beaucoup plus intense ».
« Ici on pouvait se permettre de faire des erreurs », note Cissé Papa Ndiaga, mais « à Bunia », foyer de l'épidémie en RDC, « les erreurs ne sont pas permises ».
Avec AFP