MSF dénonce la gestion de crise au Brésil, au bord de la « catastrophe humanitaire »

Le Brésil souffre. L'épidémie flambe et les chiffres sont alarmants. Dans un communiqué, l'ONG Médecins Sans Frontières appelle les autorités brésiliennes à « reconnaître la gravité de la crise et à mettre en place un système de coordination et de réponse centralisé ». 

Le Brésil est devenu l’un des plus importants foyers de l’épidémie. « La semaine du 5 avril, 11% des nouvelles infections à la Covid-19 dans le monde étaient enregistrées au Brésil ainsi que plus d’un quart des décès. Le 8 avril, 4 249 décès ont été recensés, un record pour une seule journée ainsi que 86 652 nouvelles infections à la Covid-19 avec des services de soins intensifs saturés dans 21 des 27 unités territoriales du Brésil », déplore MSF dans un communiqué en date du 14 avril. Des chiffres que l’ONG impute à une incapacité des autorités gérer la crise sanitaire et protéger la population.  

« Au Brésil, les problématiques de santé publique sont instrumentalisées par le pouvoir politique », déclare le Dr. Christos Christou, président international de MSF. « En conséquence, les mesures sanitaires à adopter qui devraient être basées sur des faits scientifiques sont davantage associées à des opinions politiques au lieu de servir de cadre pour protéger les individus et leurs communautés. »

Autre problème, des informations erronées, voire même contradictoires qui circulent, au sein même de la classe politique. « Les masques, la distanciation physique et la restriction des mouvements et des activités non essentiels sont contestés et remis en cause par certains politiciens. En outre, l'hydroxychloroquine (un médicament antipaludéen) et l'ivermectine (un médicament antiparasitaire) sont présentés comme la panacée et sont prescrits par les médecins, à la fois comme prophylaxie et comme traitement à la Covid-19 ».

Sur le front brésilien, le personnel soignant se retrouve abandonné face à un manque de tout, sauf de malades. Lits, oxygène, sédatifs… tout se fait rare voire inexistant et nombreux sont les patients privés de soins, comme le relate MSF.

« Le manque de planification et de coordination entre les autorités sanitaires fédérales et leurs homologues étatiques et municipaux ont des conséquences fatales. Non seulement les patients meurent sans pouvoir accéder aux soins, mais le personnel médical est épuisé et souffre de graves traumatismes psychologiques et émotionnels en raison des conditions de travail », rapporte dans le communiqué Pierre Van Heddegem, coordinateur d'urgence de la réponse Covid-19 de MSF au Brésil.

Autre point clé, « les directives relatives au traitement de la Covid-19 doivent être régulièrement mises à jour pour refléter les dernières recherches médicales et les tests antigéniques rapides doivent être rendus plus largement disponibles afin de faciliter à la fois les soins aux patients et le contrôle de l'épidémie », comme le rappelle Meinie Nicolai, directrice générale de MSF.

L’ONG appelle les autorités à agir, à vacciner plus vite, rendre les équipements et traitements disponibles et encourager le respect des mesures barrières au sein des communautés. Enfin les mesures de santé publiques doivent être basées sur des données probantes. Une urgence à agir pour ne pas voir le système de santé brésilien s’enfoncer jusqu’au point de non retour.

 

Portrait de Constance Maria

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