Mois sans Tabac : Les hospitaliers doivent montrer l’exemple

Vers une génération de soignants sans clope ?

Le réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions (RESPADD) a dévoilé une nouvelle campagne de lutte contre la cigarette à l’hôpital. Un de ses objectifs : faire chuter le tabagisme en blouse blanche.

« Le personnel fumeur doit pouvoir bénéficier des mêmes aides et de la même prise en charge que le patient fumeur entrant à l’hôpital ». C’est ce qu’explique le RESPADD dans son nouveau guide « Hôpital sans tabac », à l’intention des personnels hospitaliers. L’organisme, avec le soutien financier de la Direction Générale de la Santé (DGS) et de la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), souhaite diffuser un label « Lieu de santé sans tabac » pour valoriser l’ensemble des établissement qui se lancent dans la lutte contre le tabagisme.

Dans ce document, le RESPADD liste les conséquences indésirables liées au tabac en établissement de santé. Et en premier lieu, les entrées des bâtiments qui se dégradent après les pauses clopes des patients et des personnels. Pour le réseau, cela « décrédibilise l’établissement comme lieu de soins en donnant une image peu hygiénique du fait du rideau de fumée qui entoure les entrées et des déchets qui jonchent le sol. » 

Fumer en blouse blanche donne une mauvaise image

Autre problème, le mélange patient/soignant en blouse blanche. « Le personnel habillé en tenue de travail se retrouve à l’extérieur pour fumer, parfois aux mêmes endroits que les patients ». Selon le guide, « des études ont montré que ces comportements avaient un impact négatif sur la qualité des soins perçue par les usagers » des établissements de santé.

L’initiative, appuyée par la Fédération Hospitalière de France (FHF) et l’AP-HP notamment, veut que l’hôpital devienne un exemple dans la lutte contre le tabac, pour les patients et les soignants. Le RESPADD met le doigt sur la formation des professionnels de santé : « il est essentiel que l'établissement dispose de professionnels sensibilisés à la problématique du tabac ». Il faudrait également « mettre à disposition de manière permanente et en quantité suffisante dans chaque service des traitements de substitution à la nicotine », explique l'association.

Mais arrêter de fumer n’est pas une mince affaire, dans un milieu hospitalier déjà très tendu. « Lorsque vous étiez fumeur-se, la cigarette vous semblait un moyen de faire face à certaines de ces situations de stress. Maintenant que vous avez arrêté de fumer, vous avez le sentiment d’être diminué-e, stressé-e, tendu-e », explique TabacInfoService dans le kit « Moi(s) Sans Tabac ». Le RESPADD fixe l’objectif sans donner la recette. Car réduire le stress à l’hôpital, c’est une autre paire de manche…

Source: 

Thomas Moysan

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