Mikaël Agopiantz, médecin vert

Gynécologue médical au CHU de Nancy, Mikaël Agopiantz est aussi à la tête d’Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) en Lorraine, et candidat aux prochaines législatives. Un jeune médecin qui s’engage comme il respire.

Il a 34 ans, il est chef de clinique en gynéco méd’ à Nancy, et comme tous les médecins en politique, il semble mener deux ou trois vies en parallèle. Gardes à l’hôpital, militantisme politique, carrière universitaire… On se demande comment ce Cannois d’origine fait pour tenir. « Je travaille les soirs et les week-ends, et là par exemple, j’ai un Red Bull à la main », nous explique-t-il en riant, quand nous parvenons enfin à l’avoir au téléphone. La réalité, c’est qu’il ne peut pas faire autrement : l’engagement est pour lui une seconde nature.

« C’est une fibre : j’étais délégué de classe quand j’étais ado, j’ai siégé au conseil d’administration du lycée… », se souvient Mikaël. Au départ, son militantisme était surtout associatif. Il a longtemps été actif au sein de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Il a enchaîné avec le syndicalisme à l’Isni, dont il fut le secrétaire général.

La politique, c’est automatique

Pour lui, la suite logique du syndicalisme étudiant, c’est l’engagement politique. « J’ai adhéré à EELV en novembre 2013, trois semaines après en avoir terminé avec l’Isni », raconte-t-il. « Ça me trottait dans la tête depuis longtemps, mais je ne voulais pas m’y engager en même temps que mon engagement à la Fage et à l’Isni. »

Pour lui, pas d’hésitation : il était tout à fait naturel d’aller chez EELV. Son ascension y a été fulgurante. « En trois mois j’étais secrétaire de Nancy, et en un an et demi j’étais secrétaire régional », indique-t-il. Après avoir été tête de liste départementale sur la liste écolo aux dernières régionales, il briguera un siège de député dans le nord de la Meurthe-et-Moselle au mois de juin.

Ne pas mélanger torchons politiques et serviettes médicales

Il en salive déjà. « Les campagnes, ça m’a toujours plu, c’est mon truc », reconnaît-il. Mais, fait notable pour qui vit son engagement si intensément, il parvient tout à fait à cloisonner médecine et politique. Bien qu’il fasse surtout de l’aide médicale à la procréation et de préservation de la fertilité, il ne pense en effet pas que ses convictions puissent influer sur sa pratique médicale.

« C’est vrai que mon activité implique des questionnements sociétaux très forts », remarque le gynécologue. « Mais dans mon service, bien qu’on ne pense pas tous la même chose, cela ne se ressent pas : nous sommes cadrés par les textes réglementaires et par une politique de centre. »

Attention, ne pas gaver le médecin

Ce n’est pas tout : attentif à ce que ses idées n’influencent pas sa pratique, il n’entend pas non plus limiter pas son action politique aux questions sanitaires. « S’il y a un truc qui me gave, c’est bien les médecins qui font de la politique et qui ne parlent que de la santé », peste-t-il.

Mais il y a quelque chose qui « gave » encore plus Mikaël : ce sont les gens qui lui demandent s’il se verrait bien tout lâcher pour devenir ministre de la Santé. « Je n’abandonnerai jamais ma carrière », prévient-il. « D’ailleurs, je pense que les choses iraient mieux si les élus avaient tous un mandat et un travail, au lieu de cumuler quatre mandats. »

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Retrouvez les autres portraits de la série de What’s up Doc sur les médecins en politique.

- Pour lire le premier épisode sur Bernard Jomier, généraliste et adjoint écolo à la maire de Paris, c’est par ici.
- Pour lire deuxième épisode sur Jacqueline Fraysse, cardiologue et députée Front de gauche, c’est par là.
- Pour lire troisième épisode sur Bernard Accoyer, cardiologue et député Les Républicains, c’est par là.
- Le quatrième épisode sur Michèle Delaunay, dermato et députée socialiste, se trouve ici.
- Et le cinquième, sur Pierre Delacroix, anesthésiste engagé auprès de Marine Le Pen, est en ligne
par là.

Portrait de La rédaction

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