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Pour rappel, ces Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne, exercent en France mais ne bénéficient pas du « plein exercice », donc des mêmes conditions de travail et de revenu que les diplômés en Europe.
Urgentistes, psychiatres, gynécologues, généralistes, gériatres... Depuis plus de 20 ans, la désertification médicale a conduit de nombreux établissements à en recruter.
Théoriquement, ils travaillent sous la supervision d'un médecin titulaire. Mais dans beaucoup d'hôpitaux, ils font tourner des services en tension et exercent des fonctions similaires à celles de médecins seniors, selon les syndicats.
D'après le syndicat des internes (Isni), ils travaillent en moyenne 50-75 heures/semaine, sous des statuts précaires aux rémunérations très inférieures à leurs confrères.
Leur nombre a grossi pendant l'épidémie de Covid-19, quand l'hôpital exsangue cherchait des renforts. Depuis, ils dénoncent leur précarité et instabilité administrative.
Pas de décompte officiel
« Aucune statistique fiable » ne recense leur « nombre exact », écrivait en 2024 l'Ordre des médecins, sollicité pour un rapport parlementaire qui, en compilant plusieurs sources, avait évalué leur nombre à plus de 10 000 en 2024.
Le ministère de la Santé a indiqué à l'AFP ne pas disposer de chiffre global de Padhue travaillant dans les établissements sous statut précaire, car les recrutements se font « de gré a gré ».
Il précise toutefois qu'environ 4 700 Padhue sont demandeurs d'une autorisation temporaire d'exercice ou détenteurs de cette autorisation mais sans avoir passé le concours, et que 7 500 sont en cours de validation après avoir passé le concours.
Au 1er janvier 2026, sur les 205 214 médecins en activité régulière, 15,2 % sont titulaires d’un diplôme obtenu à l’étranger, contre 7,2 % en 2010, selon des chiffre avancés par l'Ordre dans un communiqué. Parmi eux, 9,2 % ont obtenu leur diplôme hors de l’Union européenne (contre 4,1 % en 2010) tandis que 6 % sont diplômés d’un pays de l’UE (contre 3,1 % en 2010).
Comment simplifier la procédure d’autorisation ?
Pour voir leur diplôme reconnu, ils doivent obtenir une « autorisation de plein exercice », via un concours annuel puis une longue procédure. Ces contraintes visent selon l'Académie de médecine et l'Ordre à garantir « la qualité et la sécurité » des soins.
Le concours a longtemps mis en concurrence les médecins déjà en France et ceux qui candidataient depuis l'étranger.
Il a été réformé en 2025. Désormais, les médecins déjà en poste passent un concours « interne » et sont prioritaires sur l'essentiel des postes disponibles. Une « voie externe » plus sélective existe pour ceux sans expérience en France.
Une fois lauréats, les Padhue entament un « parcours de consolidation des compétences » (PCC), sorte de stage de deux ans (qui peut être raccourci de 18 mois maximum, sous conditions), avant d'être autorisés ou non à exercer par une commission dédiée.
La procédure est souvent critiquée, accusée de les maintenir longtemps dans des conditions de travail indécentes. Ses détracteurs appellent à exempter les Padhue de concours et faire reconnaître leurs compétences par des pairs. Mercredi, l'exécutif a promis de « simplifier » les procédures avec l'idée de « sortir de cette logique de concours ».
Et en cas d'échec ?
Un régime dérogatoire a longtemps permis de les embaucher pendant plusieurs années, sous divers statuts rémunérés entre 1 500 et 2 200 euros mensuels. Désormais obligés de passer le concours, ils peuvent, dans l'attente, demander des autorisations temporaires.
La loi Valletoux de 2023 a créé le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), sous lequel les médecins expérimentés peuvent travailler 26 mois au maximum, pour 31 204,37 euros bruts annuels.
Des hôpitaux emploient toujours des Padhue sous d'autres statuts plus précaires, selon des syndicats et élus.
Beaucoup d’ex-Padhue dans les déserts médicaux
Au 1er janvier 2026, les ex-Padhue devenus titulaires représentaient 9,2% des médecins en activité régulière (environ 19 000 praticiens) contre 4,1% en 2010, a indiqué a l'AFP l'Ordre des médecins.
Selon une étude de 2025, ils sont diplômés en majorité d'Algérie (38,6% des Padhue « actifs réguliers »), Tunisie (16%), Syrie (8,3%), Maroc (6,8%) ou Liban (4,2%).
Toujours selon cette étude, les spécialités les plus représentées sont la médecine générale (19,6% des Padhue « actifs réguliers »), la psychiatrie (8,8%) ou l'anesthésie-réanimation (7,9%).
La proportion d'anciens Padhue varie beaucoup d'un département à l'autre : ils représentent 1,4% des médecins actifs dans les Pyrénées-Atlantiques mais 29,6% dans l'Aisne et 29,1% dans l'Eure-et-Loir. Cette proportion est souvent importante dans des espaces péri-urbains et ruraux défavorisés.
Avec AFP