Marisol Touraine murmure à l’oreille des jeunes médecins

La ministre de la santé en pré-campagne

Marisol Touraine était ce matin l’invitée des Asclépiades, un rendez-vous proposé par le journal Décision Santé. Entre défense de son bilan et présentation de ses ambitions, la ministre en a profité pour faire la cour à la génération Y médicale.

 

« Je re-signe pour cinq ans si vous voulez ». Tels ont été les premiers mots de Marisol Touraine aux Asclépiades du journal Décision Santé, qui avaient lieu ce matin dans un café chic de la place de la Bastille à Paris. Interrogée par Pascal Maurel, le directeur de la publication, la ministre s’est voulue résolument offensive.

Particulièrement attendue sur le sujet de sa relation avec la médecine libérale, elle n’a pas molli. « Il y a eu un durcissement et des dérapages que je regrette », a-t-elle lâché à propos de l’opposition syndicale à la loi santé.

Droite dans ses bottes

Pas question pour autant de reculer. Pendant plus d’une heure, la ministre s’est même employée à enfoncer les clous. « Je crois que la question du tiers-payant est assez secondaire en elle-même », a-t-elle lancé. Et ne lui parlez pas d’étatisation de la santé : « la médecine libérale n’a pas vu une seule de ses attributions remise en question ».

Loin d’être tournée vers le passé, Marisol Touraine a profité de l’occasion pour aiguillonner les libéraux sur les négociations conventionnelles en cours. « J’entends beaucoup dire qu’il faut absolument défendre le modèle conventionnel », a-t-elle remarqué. « Mais pour faire vivre un modèle conventionnel, il faut savoir conclure des accords. On ne peut pas entonner le refrain de l’étatisation, et ne pas tout faire pour conclure un accord ». Les syndicats qui vont entrer dans le dur des négos cette semaine apprécieront.

Eh ho, les jeunes !

À propos de la convention, la ministre a d’ailleurs mis en avant des positions qui se rapprochent de celles des syndicats de jeunes plutôt que de celles des séniors. « Une revalorisation de la consultation est clairement sur la table, mais je ne suis pas favorable à ce que la rémunération des médecins soit toute entière contenue dans le prix de la consultation », a-t-elle avancé.

Un plaidoyer pour un renforcement de la part forfaitaire qui n’est pas sans rappeler les propositions faites par les organisations de jeunes ces derniers mois (ici ou , par exemple). D’ailleurs, la ministre a reconnu que son dialogue avec les jeunes médecins était beaucoup plus serein que celui qu’elle entretient avec les syndicats représentatifs.

Ça sent la campagne

« Je ne veux pas donner le sentiment que je joue sur un clivage de générations, mais lorsque je discute avec les représentants des jeunes, il y a un certain nombre d’évolutions possibles », a-t-elle remarqué, avant d’enchaîner sur le rapport des jeunes à des questions comme celles des maisons de santé ou de la e-santé.

C’est donc officiel : en cette période de pré-campagne électorale, les jeunes médecins sont devenus une terre à conquérir.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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