© Midjourney x What's up Doc
Droit de réponse de Mr Hervé MaisonneuveLe 23 septembre 2026, What’s up Doc ? a relevé que mes déclarations publiques d'intérêts ne mentionnaient pas les honoraires versés par le laboratoire Pfizer à ma société, H2MW. Ce constat est exact. J'en ai tiré toutes les conséquences en démissionnant de mes fonctions bénévoles de référent à l’intégrité scientifique au sein de Santé publique France. Je souhaite préciser la nature de ce lien. Entre 2021 et 2023, ma société a facturé à Pfizer 98 875 euros HT, frais compris. Le montant de « 171 150 euros » affiché sur la base Transparence Santé comporte des doublons. Comme Le Monde l’a lui-même souligné, c’est un défaut récurrent de cette base. Ces honoraires ont rémunéré un travail de rédaction scientifique sur deux maladies rares, l'amylose cardiaque et l'amylose neurologique, dont le diagnostic est tardif, avec une mortalité élevée. Ce travail a été conduit avec 42 médecins hospitaliers, à partir d'une cohorte de 975 patients. Je tiens à souligner que l’intégralité des articles publiés suite à ce travail mentionnaient mon rôle et le financement de Pfizer. Mes déclarations mentionnaient l'existence de ma société, mais pas le détail de ses clients, parmi lesquels figuraient aussi le laboratoire Merck et la société Medical Axes, pour des formations à la rédaction scientifique. C'est une négligence de ma part. Je la regrette profondément. J'ai depuis actualisé ma déclaration. La transparence des liens d'intérêts est un combat que je mène depuis des années. Elle s'applique d'abord à moi. |
Article du 23 septembre 2026
C’est en comparant deux registres publics que plusieurs agents de SpF ont repéré l’anomalie, rapporte Le Monde dans une enquête publiée hier.
D’un côté, la base Transparence-Santé. Alimentée par les entreprises du secteur de la santé, elle recense notamment les rémunérations qu’elles versent aux professionnels de santé. Pfizer y déclare avoir versé 171 150 euros à la société de conseil d’Hervé Maisonneuve (H2MW), entre octobre 2021 et avril 2023.
De l’autre, les déclarations publiques d’intérêts (DPI), que doivent remplir les personnes qui exercent certaines missions auprès des pouvoirs publics. Consultables sur un registre du ministère de la Santé, ces déclarations doivent, dans un souci de transparence, recenser les liens d’intérêts noués au cours des cinq années précédentes.
La société était déclarée, pas ses clients
Or, si le médecin avait bien déclaré l’existence de sa société H2MW, ses liens avec Pfizer et les rémunérations correspondantes n’y étaient pas précisés, selon Le Monde. Ils ne figuraient pas non plus dans la rubrique consacrée aux liens d’intérêts de son blog.
Hervé Maisonneuve conteste toutefois le montant affiché, qu’il estime gonflé par les doublons dans la base. Il affirme avoir effectivement perçu « 118 650 euros, correspondant à 98 875 euros hors taxes sur trois ans ».
« Je comprends qu'on puisse être troublé, et je vais immédiatement mettre à jour mes déclarations pour préciser tous les clients de ma société », a-t-il indiqué au quotidien, précisant que les prestations rémunérées par Pfizer entre 2021 et 2023 ne concernaient ni le Covid-19 ni les vaccins.
Il a depuis transmis au journal une liste plus exhaustive des clients de sa société, comprenant notamment d’autres acteurs du privé du secteur pharmaceutique.
Chargé de prévenir les manquements à l'intégrité
La situation est d'autant plus sensible que le médecin occupe à Santé publique France un poste directement lié à ces questions. Nommé en mars 2026 pour trois ans, il est notamment chargé d'une mission de vigilance, de prévention et de traitement des manquements à l'intégrité scientifique.
Spécialiste de longue date de ces sujets, Hervé Maisonneuve également co-signé le rapport sur la lutte contre la désinformation en santé remis au gouvernement en janvier 2026. Celui-ci préconisait entre autres de prendre en compte la transparence des liens d'intérêts dans l'évaluation de la qualité de l'information en santé.
Selon Le Monde, plusieurs agents de Santé publique France se sont interrogés sur ces omissions après la nomination du médecin. Sollicitée par le quotidien, l'agence n'a pas souhaité faire de commentaire.
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