Le guide des tendances des maladies de l’été

De bièrathons-terrasse en météo dignes d’un 11 novembre qui durerait deux mois, la belle saison nous fait parfois perdre le nord. Mais que se passe-t-il à l’hôpital quand bison futé voit rouge ? Soigne-t-on aussi bien un 15 février qu’un 15 août ? Et si on en avait marre de diagnostiquer des vulgaires inso(lations) et autres boring toxi-infections alimentaires aux bigorneaux ? Un poubmed aussi rafraîchissant qu’un bon cône miko sur la plage de Carnac, et en musique s’il vous plaît*

De bièrathons-terrasse en météo dignes d’un 11 novembre qui durerait deux mois, la belle saison nous fait parfois perdre le nord. Mais que se passe-t-il à l’hôpital quand bison futé voit rouge? Un poubmed rafraîchissant, et en musique s’il vous plaît*.

Nosographie : collection printemps/été

Les congés, qu’ils soient posés ou posey [1], sont l’occasion de pathos spécifiques. Certaines sont classiques, comme le coup de soleil, donnant envie d'hurler [C'Cho ça brûle*] en guise de motif de consultation. Et qui fait recommander aux confrères rabat-joies dermatos britanniques de porter de la crème solaire tout l’été, même pour ceux qui restent au pays, (spécial Brexit) [2]. Mais les risques ne se limitent pas Au soleil*. Ainsi, d’autres auteurs confirment que le cocktail de jouvence « alcool-MDMA-chaleur » pour aller Danser le jerk* peut être fatal en festival [3].

De manière assez intrigante, certaines pathologies, comme la rupture d’anévrisme de l’aorte abdo, présentent un risque de surmortalité lors des beaux jours [4]. Rassurant - ou pas - : les auteurs précisent qu’ils ne retrouvent cependant pas d’influence des phases lunaires. Bon à savoir avant de se jeter à l’eau Tout nu et tout bronzé* pour un bain de minuit à la prochaine Full Moon.

July phenomenon ou killer season?

Le début de l’année académique des interns et autres young doctors anglosaxons, équivalent de notre mythique 2 novembre, a lieu durant l’été. Qui dit nouveaux internes et changement de chefs dit, en sus des galères habituelles (« Comment qu’on fait pour avoir une blouse? »), inexpériences et flottements dans les prises en charge. Ces effets de « turnover de cohorte » (départs massifs de professionnels expérimentés conjointement à l’arrivée de novices à former = pertes de connaissance tacites, ruptures dans les équipes et pertes de productivité) n’ont pas d’équivalent extra-hospitalier, en dehors de l’armée. Cela assorti à la désertification des médecins libéraux partis se dorer la pilule, on se dit qu’il y a peut-être Maldon*.

Les Britons surnomment ainsi la rentrée des docs le Black Wednesday (soit le premier mercredi d’août), et rien à voir avec la carnation de l’interprète d’Alane*. Ça se traduit plus prosaïquement par une hausse de mortalité de 6 % pour les patients admis ce jour-là [5]. Le mois d’août est ainsi qualifié par le personnel du NHS (système de soins public anglais) du charmant sobriquet de Killer Season.

outre-Atlantique, les Américains parlent eux de July Phenomenon, qui ne fait pas référence au chancre induré apparu dans les suites du bal des pompiers, mais au mois de rentrée des internes [6]. Il est également associé à une hausse de la mortalité, des erreurs médicales et à une diminution de l’efficience. De quoi se dire : « Dur Dur d’être bébé*-docteur » !

L’été meurtrier

Dans l’Hexagone, le fléau de l’été qui aura marqué la Science n’est pas la très virale Macarena* mais la canicule de 2003. Une vague de chaleur sans précédent s’abat alors sur l’Europe, avec jusqu'à 5 fois plus de risques de décès les jours où le mercure s’affole [7].

Et tandis que la France se dandine Sur un air latino*, le cri du cœur du 3ème âge est plutôt « Tu m'oublieras* »… Mais que l’été soit une Obsession* ou vous mette d’une humeur de Chihuahua*, posez-vous la question : sans toutes ces matinées migraineuses à l’haleine chargée de rosé tiède et de merguez carbonisées, le reste de l'année vaudrait-il bien le coup d’être vécu ?

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Sources

[1] Synonyme de « calme et serein » pour les moins de 25 ans.

[2] Gould M et al. Sunlight exposure, 2015.

[3] Ridpath A et al. Illnesses and deaths among persons attending an electronic dance-music festival - New York City, 2014.

[4] Kózka MA et al. The impact of weather factors, moon phases, and seasons on abdominal aortic aneurysm rupture, 2014.

[5] Jen MH et al. Early in-hospital mortality following trainee doctors' first day at work, 2009.

[6] Young JQ et al. "July effect", 2011.

[7] Le Tertre A. Impact of the 2003 heatwave on all-cause mortality in 9 French cities, 2006.

Source: 

* Jeu gratuit avec votre PoubMed : saurez-vous reconna^itre les interpr`etes des tubes de l’été qui se cachent derri`ere les « * »? Et si en plus vous trouvez l’année, What’s
up Doc vous invite au prochain d^iner de la Rédac' Réponses `a [email protected]

Portrait de Jean-Victor Blanc
article du WUD 32

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