Le DMP pris de vitesse par le DP ?

Pendant que le dossier médical partagé faisait du sur-place, les pharmaciens ont avancé rapidement sur le déploiement du dossier pharmaceutique. A tel point qu’il devient urgent d’articuler les deux outils, avant que professionnels de santé et patients ne soient obligés de jongler entre deux applis au lieu d’une…

Le DMP doit-il vraiment rattraper son retard, dans un contexte où les pharmaciens sont allés plus vite sur le déploiement du dossier pharmaceutique (DP), dont le lancement est pourtant bien postérieur ? C’est ce que suggère un rapport de la Cour des Comptes rendu public le 25 février.
Il faut dire que, concernant le DMP, le terme « retard » est un doux euphémisme. Allez, je vous raconte (un peu) ma vie : en 2004, alors que je démarrais en tant que journaliste santé, le déploiement du DMP était déjà « imminent » - LOL. Ah mais pardon, ce n’est le même dossier ! Le dossier médical « personnel » (DMP1) est en effet devenu en 2015 le dossier médical « partagé » (DMP2). Ceci doit expliquer cela, en toute logique…
Trêve de mauvais esprit. Revenons à notre rapport. En résumé, pendant que le DMP ne se déployait que très lentement, les pharmaciens ont mis les bouchées doubles sur le DP, ce qui a entraîné « une dissociation du dossier pharmaceutique par rapport au DMP, acté par la loi du 30 janvier 2007 relative à l’organisation de certaines professions de santé ». Il s’agit donc de « définir les modalités d’articulation de ces deux outils, aujourd’hui inexistantes ».
Que préconise le rapport ? Résumé en 4 points.

Fusionner les fonctions identiques

Certains doublons sont déjà recensés entre DMP et DP : l’enregistrement et la consultation des analyses biologiques, l’inscription des dispositifs médicaux implantables, les données relatives à la prescription électronique et un module sur les vaccinations et leur rappel. Pour éviter ces doublons, le rapport préconise de raccorder les deux dossiers rapidement « afin d’éviter aux professionnels de santé de consulter deux dossiers numériques distincts en vue d’obtenir l’ensemble des informations nécessaires à la coordination des soins ».

Créer un accès simplifié pour les patients

C’est là qu’un 3e outil de e-santé entre en jeu : un espace numérique de santé, commun au DMP et au DP, afin que les patients n’aient pas à se connecter à deux applis distinctes pour récupérer l’ensemble de leurs données de santé.
 

Accélérer le déploiement des deux outils

La Cour des Comptes presse la CNAM de « créer les conditions de complémentarité » entre DMP et DP, alors que la CNAM n’envisage qu’à horizon 2023 cette possibilité. Elle préconise par ailleurs qu’en 2021 au plus tard, le DP soit en conformité avec le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).

Perfectionner certaines fonctionnalités du DP 

- tracer tous les achats de médicaments dans le DP, y compris ceux sans ordonnance
- pouvoir accéder au DP sans carte vitale
- possibilité pour le pharmacien de consulter des données pendant plus de quatre mois (limite actuelle)
- favoriser l’intégration du DP dans les logiciels hospitaliers, ainsi que rendre obligatoire l’utilisation du DP-Rappels et encourager le recours au DP-Ruptures, afin d’améliorer les informations des patients sur les tensions d’approvisionnement et les ruptures de stock.

 

Portrait de Sophie Cousin

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