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Ces résultats constituent une première étape « du travail à mener pour réduire le volume des médicaments jetés », souligne un rapport publié à l’issue de cette étude réalisée par 210 établissements de santé, en majorité des hôpitaux publics, sur une période s’étalant de novembre à mars 2025.
Ce n’est qu’une petite part des quelque 3 000 établissements recensés en France, mais cette étude donne une idée de l’ampleur d’un phénomène dont s’est notamment inquiétée la Cour des comptes. Elle appelait début septembre à identifier les produits de santé les plus jetés et les raisons de ce gaspillage.
Cette enquête a été lancée par le C2DS, un réseau de 940 établissements visant à réduire l’empreinte environnementale du système de santé et le RésOMEDIT, qui rassemble des observatoires régionaux des médicaments.
2 tonnes de médicaments à la poubelle
Les établissements participants ont recensé combien de médicaments ils jetaient en une semaine. Résultat, 252 246 médicaments ont fini parmi leurs déchets, représentant 707 000 euros et plus de deux tonnes.
Certains sont périmés — un tiers — ou impropres à l’usage pour d’autres raisons — un sixième. Mais une proportion conséquente — un cinquième — d’entre eux seraient encore utilisables.
S’ils finissent à la poubelle, c’est généralement parce qu’ils sont conditionnés en trop grande quantité et que les équipes des établissements n’ont pas le temps de reconditionner à l’unité les traitements entamés.
Un autre cinquième provient de médicaments non utilisés après avoir été personnellement apportés par les patients de l’hôpital.
Plus de la majorité des médicaments jetés (61%) sont des comprimés. Mais des injectables, des crèmes et des inhalateurs figurent aussi parmi les déchets.
Les médicaments jetés dont le coût à l’achat est faible, tels que les hypnotiques, anxiolytiques ou antidépresseurs, sont très majoritaires en volume.
À l’inverse, du fait de leur prix élevé, les médicaments de chimiothérapie pour traiter certains cancers et les antithrombotiques (visant à prévenir les thromboses) représentent plus du tiers (32,8%) de la valeur de ces médicaments jetés.
« La gestion des péremptions de ces médicaments est prioritaire », souligne ainsi le rapport qui préconise « un dispositif d’alerte sur les médicaments onéreux proches de la péremption », propose d’« améliorer les commandes » pour ne pas créer de surstock et de mener des « études de stabilité prolongée pour allonger les durées de conservation ».
Avec AFP
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