Le CIH demande des effectifs supplémentaires et la réouverture de lits en cas de deuxième vague

Les capacités d’accueil de l’hôpital (29 000 malades en réanimation) nécessitent 12 000 lits et de nombreux effectifs supplémentaires en personnel, selon le Collectif inter hôpitaux (CIH) qui appelle à « rouvrir des lits et recruter massivement ».

« Nous sommes capables d'accueillir jusqu'à 29 000 malades en réanimation », a déclaré ce 23 août Olivier Véran dans le Journal du Dimanche. Ce à quoi le Collectif inter hôpitaux (CIH) vient de répondre que ces 29 000 malades seraient accueillis sur 12 000 lits, en se basant sur les recommandations d’organisation des réanimations en prévision d’une deuxième vague du ministère de la Santé. Des recommandations qui précisent que cette hypothèse de travail nécessiterait « de nombreux effectifs supplémentaires en personnel qui ne sont pas présents directement et ne peuvent pas être disponibles sur tout le territoire national en même temps ».
 
De son côté, le CIH considère que le chiffre de 12 000 lits « suppose la formation de personnels retirés d’autres services, la réaffectation de ces personnels, la disparition de la prise en charge des malades souffrant d’autres pathologies en réanimation ou soins continus dès lors que tous les lits sont consacrés aux soins pour les malades infectés par le COVID-19. »

Infirmiers et aides soignants de réa supplémentaires

Le collectif ajoute qu’en réanimation il est nécessaire d’avoir 2 infirmiers pour 5 patients et un aide-soignant pour 4 patients. La mutualisation des lits de réanimation, soins intensifs et surveillance continue pour parvenir à 12 000 lits, « nécessite donc d’avoir des infirmier.es et aides soignant.es de réanimation supplémentaires, ce d’autant que les soins pour les malades infectés par la COVID-19 sont particulièrement lourds ».
 
Par ailleurs, l’affectation de personnels infirmiers supplémentaires, comme entre mars et mai, suppose de « mobiliser des infirmier.es non spécialisé.es d’autres services, services qui devraient néanmoins continuer à fonctionner normalement pour pouvoir accueillir les autres patients nécessitant des hospitalisations », poursuit le CIH qui rappelle qu’au cœur de la crise sanitaire, l’hôpital avait « interrompu les soins non covid dans de nombreux centres avec des effets collatéraux pour les malades ayant eu un retard à la prise en charge ».

Le CIH inquiet 

En cas de deuxième vague, l’hôpital public devra donc être capable d’accueillir dans la durée à la fois les patients infectés par la covid et ceux atteints d’autres pathologies, dans ses services et ses réanimations. Ce qui signifie qu’il faut « rouvrir des lits et recruter massivement » pour le CIH qui se dit « inquiet » à la veille de la rentrée. Parce que « la fatigue et le retour à l’anormal postCOVID - postes non pourvus, ratio de personnel inadéquat, modification de planning incessant, manque de lits- risquent de freiner l’engagement et l’effort qui avaient permis de surmonter la première vague ». Mais aussi parce qu’il n’y a « pas de signaux indiquant que le Ségur de la Santé ait déclenché le choc d’attractivité espéré ».
 

Portrait de La rédaction

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