Le choix des spécialités influencé par les rémunérations futures

La rumeur voudrait que les jeunes médecins choisissent leur spécialité en fonction des rémunérations attendues dans cette discipline.

Pour répondre à cette question, nous avons mis en parallèle le classement des spécialités réalisé par What’s Up Doc et les rémunérations annuelles des spécialistes libéraux selon deux sources de la CARMF¹ et de la DREES².

 

Majoritairement les spécialités les mieux rémunérées sont parmi les plus choisies par les jeunes médecins. À noter cependant, quelques exceptions inattendues. La première et la plussurprenante, c’est que la chirurgie n’attire définitivement plus. La chirurgie générale qui conduit àse spécialiser vers toutes les chirurgies d’organes ou presque, et qui représente pourtant le 4e niveaude rémunération, est boudée des jeunes médecins et reléguée en 18e position du classement général.

La pénibilité du métier, la faible compatibilité avec la qualité de vie, la féminisation de la profession dans l’ensemble, sont autant de raisons qui expliquerait ce désaveu. Les choix professionnels sont dictés par la qualité de vie des jeunes médecins avant tout, comme le révélait récemment une enquête TNS Sofres commandée par le Syndicat des internes des Hôpitaux de Paris (SIHP) en mai 2013³, qui rapportait que « l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est le critère le plus important dans le choix de carrière ». Plus surprenant encore, l’anesthésie est faiblement choisie, en 13e position seulement, alors que cette profession fait espérer parmi les plus hautes rémunérations pour un médecin (en 2e après la radiologie). Sans doute les gardes, très fréquentes dans ce métier, représentent-elles un facteur suffisamment déroutant pour les jeunes.

 

N’en demeure pas moins que les choix sont parfois tout autant influencés par la passion d’un exercice, par la rencontre d’une équipe ou d’un homme, un maître, comme on dit souvent, qui fascine par sa connaissance, sa technicité ou simplement sa forte personnalité.

« Au cours de l’externat, j’ai vite compris que seule la chir' me conviendrait. Je suis passée en vasculaire, en ortho, en chir' cardiaque. J’ai découvert la neurochir' en dernière année d’externat au travers des cas cliniques et de… YouTube ! Et j’ai senti alors que je m’épanouirais. Quand j’ai vu que je pouvais l’avoir, je suis allée me présenter dans le service et… j’ai définitivement signé pour la neurochir' ! ». Marie, 1er semestre de neurochir’ en Île-de-France, représente donc le contre-pied du choix financier prémédité ou du choix guidé par la qualité de vie, la neurochirurgie n’étant pas réputée laisser de longues heures de repos…

 

Pour beaucoup, la médecine reste avant tout une affaire de rencontre humaine et de vocation.

Source: 

-Données statistiques 2011 de la CARMF, disponibles sur : www.carmf.fr/page.php?page=chiffrescles/Stats/2012/bnc2010.htm
-Bellamy V. « Les honoraires des professionnels de santé libéraux entre 2008 et 2010 ». Études et Résultats édité par la DREES. N° 78

Portrait de Guillaume Marchand
article du WUD 12

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.