L’argent ? C’est quoi ? Connais pas !

Sondage « Médecins et fric »

Fin août, What’s up Doc interrogeait ses lecteurs sur leur rapport à l’argent. La majorité des répondants ont exprimé une certaine distance par rapport aux questions pécuniaires. Alors, les médecins sont-ils vraiment désintéressés ?

 

Dévoués, désintéressés, généreux… Les jeunes médecins se consacrent à leur métier corps et âme, et l’argent n’a pas sa place dans leur relation avec les patients. C’est en substance ce qu’ont répondu les participants au sondage que What’s up Doc a réalisé en ligne du 22 au 29 août sur le thème « médecine et fric. »

Cette enquête a permis de recueillir l’avis de 260 praticiens âgés en moyenne de 32 ans. Lorsqu’on leur demande ce qui détermine le temps qu’ils consacrent à une consultation, ils sont seulement 11 % à répondre « le tarif ». 59 % citent les problématiques cliniques de leur file active et 65 % leur manière de travailler comme facteur expliquant le temps que leurs patients passent dans leur cabinet.

Clientèle ou patientèle ?

Les répondants ne sont d'ailleurs pas avares de leur temps. Ils estiment la durée moyenne d'une consult’ à 22 minutes. Ils sont prêts à accorder à leurs patients 16 minutes de plus, soit un bonus de 73 %, en fonction des situations. Passé ce délai, ils enclenchent le buzzer.

Autre indice prouvant le désintéressement des participants au sondage : le vocabulaire. Ils ne sont que 3 % à utiliser le terme de « clientèle » pour parler de leur file active. L’immense majorité d’entre eux préfèrent parler de leurs « patients » (64 %) ou de leurs « malades » (45 %).

L’argent ne fait pas le bonheur du médecin

Il n’y a pas de raison de douter de la sincérité des jeunes médecins. Mais leurs réponses entrent étrangement en résonnance avec l’analyse que le sociologue Frédéric Pierru faisait des relations entre les médecins et l’argent dans notre dernier numéro. Les praticiens s’appuient sur « une vision du monde antiéconomique qui les conduit, dans leurs discours, à une certaine dénégation de leurs intérêts matériels », expliquait par exemple ce spécialiste des professions de santé.

Alors, les médecins se voileraient-ils la face en prétendant que l’argent n’influe pas sur leur manière d’exercer ? Peut-être pas entièrement. Mais, suivant les conseils de Frédéric Pierru, on peut recommander la lecture de sociologues comme Elliott Friedson, cet Américain qui décortica la profession médicale dans les années 1970. Un point de vue extérieur qui ne fait pas toujours plaisir, mais qui a le mérite de l’objectivité.

 

Sur le même sujet : Fric – 50 % des jeunes médecins insatisfaits

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RÉSULTATS DU SONDAGE

Quels termes employez-vous pour décrire votre file active (pour de vrai) ?

Clientèle : 3 %
Patientèle : 64 %
Malades : 45 %
Usagers : 3 %
Autres : 5 %

 

Qu’est-ce qui détermine votre temps de consult’ ?

Le tarif de la consultation : 11%
La durée du temps de travail souhaité : 16 %
Les problématiques cliniques de votre file active : 59 %
Votre manière de travailler : 65 %
L’intervention d’autres professionnels avant ou après la consultation : 8 %
Autres : 10 %

Source: 

Adrien Renaud

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