La Russie invente le métier de chirurgien-embaumeur

Une histoire de liquides

Une femme russe a fait les frais d’une « petite » erreur médicale de ses chirurgiens. Forcément, confondre formaldéhyde et solution saline, ça n’aide pas.

C’est l’histoire d’un chirurgien, d’une infirmière de bloc et d’un anesthésiste russes dans un bloc opératoire à Oulyanovsk (Russie), sur les rives de la Volga. Sur le chariot : de la solution saline, de la formaline, et sans doute une bouteille de vodka – oui, on part dans les clichés. Et sur la table : une femme de 28 ans prête à se faire retirer des kystes ovariens par coelioscopie.

Chapi et Chapo (la solution saline et la formaline) ne sont pas bonnes à boire, que reste-t-il pour désaltérer le chirurgien ?

Pour la vodka on invente (a priori), mais pour le reste, l’histoire, rapportée par RT, semble sérieuse. Pendant l’intervention, le chirurgien a fait la boulette : au lieu d’injecter Chapi dans la cavité abdominale de la patiente, il a pris Chapo. Et au lieu de l’opérer, il l’a embaumée.

La pompe funèbre

L’équipe s’est rapidement rendue compte de l’erreur, et a tenté de réparer sa bêtise en pompant le liquide et en nettoyant la cavité, mais le mal était fait. À son réveil, la patiente s’est plainte de douleurs, puis a rapidement été placée dans un coma induit, et transférée vers un hôpital de Moscou. « Mais chut, on ne parle pas de la vodk… de la formaline », ont dû comploter les membres de l’équipe, qui ont choisi de ne rien dire à la famille.

À Moscou, des confrères en meilleure forme ont tenté de rattraper le coup, mais en vain. Les organes ont lâché les un après les autres, ne laissant pas beaucoup de chances à la jeune femme. « Le coeur a probablement pompé le produit vers le système artériel, lui permettant de se répandre dans l’ensemble de l’organisme », analyse un responsable de pompes funèbres en Pennsylvanie (États-Unis) dans The Verge. La jeune femme est finalement décédée 14 jours après son opération, le 5 avril dernier.

Si nous étions vraiment cyniques, nous ajouterions que le croque-mort aura, pour une fois, un peu moins de boulot…

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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