La formation infirmière change en septembre pour intégrer l'élargissement des compétences

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La formation d'infirmière a été entièrement rénovée pour la rentrée 2026, via deux textes réglementaires publiés mardi, pour correspondre aux nouvelles compétences récemment conférées par la loi, avec un volume d'enseignements renforcé et une meilleure reconnaissance universitaire.

La formation infirmière change en septembre pour intégrer l'élargissement des compétences

© Midjourney X What's up Doc

Pour les jeunes qui débuteront leurs études, le parcours comprendra désormais 4 620 heures sur trois ans, contre 4 200 auparavant, précise l'arrêté publié mercredi au Journal officiel. Les étudiants effectueront 66 semaines de stage, en milieu hospitalier et extra-hospitalier (cabinet libéral, centre de santé, Ehpad, milieu pénitentiaire, santé scolaire...).

Le nouveau référentiel s'appuie largement sur la « loi infirmière » de juin 2025, qui a offert aux infirmières un rôle élargi dans le système de soins.

Nouvelles compétences

Jusqu'alors organisé autour d'une « liste d'actes » techniques, le métier est désormais défini par de grandes « compétences » et « missions ». La loi donne aux infirmières le droit de prendre en charge certains patients sans ordonnance préalable du médecin, recevoir en « consultation infirmière », établir un « diagnostic infirmier » ou encore mener des actions de prévention.

Entre autres compétences, les futures infirmières devront apprendre à « recueillir des données somatiques, psychologiques, émotionnelles et comportementales » des patients, les confronter aux publications en « sciences infirmières », définir un projet de soins, « évaluer le degré d'autonomie » d'une personne, réaliser des soins à visée « thérapeutique, préventive, palliative » ou encore « visant à la santé psychologique ».

Elles apprendront à produire des articles ou rapports d'expertise dans le cadre d'une « démarche scientifique ».

Grade universitaire

Le volume d'enseignements renforcé, qui représente 180 crédits universitaires (ECTS) permet de se rapprocher d'une reconnaissance du diplôme au niveau européen.

La licence sera désormais décernée par les universités accréditées et non plus par le préfet de région, permettant d'évoluer plus facilement vers un master ou doctorat.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/reforme-du-metier-dinfirmier-ne-va-pas-remplacer-le-medecin-ou-empieter-sur-ce-quil-fait

Juriste spécialisé en droit de la santé, Grégory Caumes salue « une reconnaissance universitaire vraiment attendue » et une formation « qui reconnaît particulièrement le caractère scientifique de la profession, sa place centrale dans la prise en charge des maladies chroniques ».

Réforme saluée mais critiquée

Dans un communiqué, le syndicat SNPI (infirmières hospitalières, CFE-CGC) se réjouit aussi de cette « réforme qui actualise les contenus » après « quinze années d'attente », avec notamment « une consolidation du raisonnement clinique » et « une place accrue de la prévention et de la santé publique », correspondant aux besoins de santé.

Mais la réforme « ne va pas au bout de sa logique » en conservant un cursus de trois ans, alors qu'une partie de la profession en réclamait quatre, déplore le syndicat. Le calendrier « particulièrement exigeant » risque « d'exposer les étudiants à une pression accrue », juge-t-il.

Avec AFP

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