Homéopathie : l’Ordre frappe fort (mais pas trop quand même)

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a mis fin aux conditions dérogatoires permettant le droit au titre pour les homéopathes. Enfin, pour les nouveaux homéopathes. Enfin, pour l’instant.

« Réuni en session plénière, le Conseil national de l’Ordre des médecins a adopté à une très large majorité une décision [qui] met fin aux conditions dérogatoires du droit au titre vis à vis de l’homéopathie ». Bam ! Tremblement de terre, camouflet, l’Ordre envoie du lourd : les médecins homéopathes ne pourront plus indiquer ce titre sur leur plaque.
 
Bon, en fait, ça sera seulement pour les petits jeunes. Ceux qui sont déjà installés n’auront pas à rappeler leur marbrier pour faire des ajustements. « L’application de ces nouvelles dispositions sera effective pour les nouveaux et futurs inscrits à une formation universitaire à compter de ce jour », précise l’Ordre dans son communiqué du 3 octobre. Faudrait pas y aller trop fort non plus.

Fin du game ! Mais…

Le Cnom n’aime pas trop le désordre quand les enfants se disputent. Au début des débats agités suscités par le #Fakemed, il avait déjà appelé au calme alors qu’il faisait justement partie des destinataires de la pétition du collectif. Les autres acteurs (ministère de la Santé, HAS) ont fait leur boulot pour le déremboursement, il ne manquait plus qu’une intervention de l’Ordre. Il a sévi au maximum de ses possibilités.
 
Il ouvre néanmoins (et un peu étonnamment) une porte : rappelant qu’il avait déjà à plusieurs reprises « émis le souhait que soit éventuellement créé un diplôme Interuniversitaire d’homéopathie » (DIU), le Cnom laisse encore une chance. Pour justifier d’un titre, il faut en effet un DIU « qui respecte les règles de la déontologie médicale », et surtout « n’ayant pas de lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique ». L’homéopathie pourrait donc, aux yeux du Cnom, obtenir à nouveau le droit au titre si elle se plie à ces conditions. Bon, on ne va pas se mentir, ça va être chaud pour les liens d’intérêts, mais qui sait… ?
 
En somme, le Cnom ne tape pas sur les homéopathes déjà installés, et supprime le régime d’exception dont dispose la discipline pour les futurs installés. Tout est oublié, on repart à zéro ? Créons donc un DIU !

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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