Hélène Drouin : un sommet pour la recherche !

Cette interne en anesthésie-réanimation de 27 ans vient de gravir l’Everest. Pourtant, il lui reste le sommet le plus important à franchir, celui de lever des fonds pour la recherche. Elle nous raconte.

C’est un grand projet qui anime Hélène Drouin depuis maintenant plus d’un an. A 27 ans, cette interne en 3ème année de DES anesthésie-réa à Dijon est la plus jeune femme française à avoir gravi l’Everest. Mais le défi ne s’arrête pas à cette ascension. « Je voulais aussi soutenir la recherche médicale nationale publique de l’INSERM en virologie du laboratoire du Professeur Fabien Zoulim à Lyon, spécialisé dans les hépatites », explique la jeune femme. 

« C’est une suite logique de mon parcours sportif de faire l’Everest mais je voulais le rattacher à quelque chose de plus grand. Je voulais faire quelque chose d’inspirant qui donne de l’espoir, faire passer le message qu’il est important de soutenir la recherche, pour le Covid évidemment mais il ne faut pas oublier les autres maladies.»

Hélène Drouin est une passionnée de montagne depuis son plus jeune âge, avec un CV plutôt impressionnant. « Je passe les étés à marcher en montagne, j’ai fait mon premier glacier à 11 ans, mon premier 4 000 m à 16 ans, et le Mont Blanc à 20 ans. L’idée de l’Everest est venue progressivement, c’est ancré en moi depuis plusieurs années mais j’ai vraiment lancé le projet il y a un an ».

En découle une année de préparation intense, « il a fallu du temps pour monter le projet, trouver les sponsors. Malgré leur participation, il me manquait de l’argent. En novembre, j’ai pris un semestre sabbatique, je suis partie travailler comme médecin urgentiste intérimaire en Angleterre. J’ai beaucoup travaillé et cela m’a permis de financer la grande partie de mon expédition », raconte Hélène Drouin. Il ne faut pas oublier la préparation physique, qui se fait en parallèle des gardes de réa Covid (autrement dit, piece of cake). L’été dernier, elle commence à s’entraîner avec un coach montagne, puis fait des stages de glace, du trail et ensuite, vient la préparation du matériel. (On ne part pas faire l’Everest avec une valise lambda).

©Tsering Pemba Sherpa

Son expédition a commencé le 9 avril. Le 16, elle arrive au camp de base à 5300 m d’altitude. « Je l’ai quitté le 3 mai, et j’étais de retour le 13. J’ai fait le sommet le 11 mai, j’ai été très rapide, je ne suis montée qu’une seule fois dans la montagne, je n'ai pas eu besoin de rotation, je me suis bien acclimatée ».  Qu’est-ce qu’on ressent quand on arrive au sommet de l’Everest ? « C’est magnifique, mais arriver à la cime n’est pas la fin, c’est  juste la moitié, il faut être très attentif, redescendre sans accident car on est fatigué », explique Hélène Drouin.

A aucun moment elle ne perd de vue son objectif : « J'ai lancé un appel aux dons aux individus, je poste sur les réseaux sociaux, j’invite à participer à une collecte dont 100% de l’argent récolté va à l’INSERM. C’est aussi un appel aux sponsors, aux entreprises qui peuvent afficher leur logo. A ce jour j’ai récolté 3700 euros, c’est le tout début, j’ai lancé la collecte juste avant que je parte pour l’expédition en avril. Il me reste une nouvelle montagne à franchir, il faut désormain rattacher des gens à cette cause avec moi. Les patients ont besoin de notre soutien, ce n’est pas fini dans ma tête. »

En attendant, elle se prépare à la reprise. « Je reprends prochainement en réanimation. J’avais envie de revenir en réa, j’adore ce que je fais, j’ai encore beaucoup à apprendre, de gens à rencontrer ». Et quand on lui demande si elle n’est pas fatiguée, elle répond dans un sourire : « Non, j’ai pleins de globules rouges ! »

Portrait de Constance Maria

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