Gériatrie wants YOU

Allez viens, on est bien

La gériatrie est une spécialité qui a le vent en poupe. Besoins croissants de gériatres, exercice multidisciplinaire, et mue prochaine du DESC en DES : plus aucun doute, l’avenir, c’est le nonagénaire.   

 

Nous sommes en manque de gériatres. C’est ce que pointe le Pr Olivier Guérin, gériatre au CHU de Nice et vice-président de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG).« Avec la pression démographique, si nous voulons répondre aux besoins de la population, nous sommes en retard. Nous estimons qu’il faudrait former 100 gériatres de plus par an », affirme ce spécialiste.

Pourtant, loin de rebuter les étudiants en médecine, Olivier Guérin constate que sa spécialité les séduit. « Nous avons de plus en plus de demandes de DESC. Ce sont majoritairement des gens issus du DES de médecine générale » déclare le PU-PH.

Gériatrie c’est sexy

Une discipline qu’il a choisie et qu’il n’hésite pas à défendre. « Ce qui m’a attiré dans la gériatrie, c’est son aspect global », se souvient-il. « On voit le patient dans son entier, on travaille beaucoup avec les autres métiers de la santé : rééducation, kiné, ortho, ergo… C’est une médecine du fonctionnement ».

La gériatrie va en effet au-delà du curatif. Car la priorité pour les seniors, c’est de conserver leur intégrité physique, psychologique et dans la mesure du possible leur indépendance. En gériatrie donc, pas question (en théorie !) de shooter les patients à coup de multiples prescriptions. « Si vous avez trois maladies chroniques et que vous les traitez toutes les trois selon les standards, vous tuez le malade », précise Olivier Guerin.

Du fil à retordre pour les amateurs de challenges

Et cela n’est pas sans poser de nombreux défis. Car avec les patients âgés, souvent polypathologiques, la gestion des prescriptions est parfois un casse-tête. La iatrogénie fait en effet quelques 10 000 victimes par an en France chez les plus de 70 ans. Une surmédication qui pourrait être évitée par une meilleure coordination entre praticiens spécialisés, et un nombre suffisant de gériatres. 

Autre challenge de la spécialité : les échanges avec les autres disciplines. Olivier Guérin pointe en effet un manque de communication et de formation des acteurs annexes de cette prise en charge du patient âgé. « Les autres spécialités ont une vision très curative, il faut sensibiliser généralistes et spécialistes pour qu’ils redirigent leur patient vers le gériatre ».

La spé est donc en pleine mutation, et devrait (comme la médecine d’urgence et nombre de spécialités chirurgicales) gagner le grade de DES d’ici 2017. Une maquette sur 4 années, filiarisée… Bref, rien à envier aux autres spécialités en somme. Carabins, n’hésitez donc plus, l’avenir, c’est les seniors. Roulez vieillesse ! 

Source: 

Johana Hallmann

Portrait de La rédaction

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