Génération Y et syndicats médicaux : la fracture

Les jeunes médecins ne se retrouvent pas dans leurs représentants officiels

Le sondage réalisé par What’s up Doc à l’occasion de la sortie de son enquête sur la génération Y montre que le militantisme « à la papa » n’a plus la côte. De quoi donner matière à réfléchir aux syndicats traditionnels.

 

Les chiffres sont clairs. Plus de 34 % des lecteurs qui ont répondu à notre sondage sur la génération Y estiment que les jeunes médecins ne sont véritablement représentés « par aucune instance ». Moins de 5 % d'entre eux se sentent représentés par les grands syndicats de libéraux et de PH.

Entre la nouvelle génération médicale et les représentants traditionnels de la profession, la rupture semble donc bel et bien consommée. « C’est normal, les jeunes médecins sortent tout droit de l’hôpital, ils ne connaissent pas la réalité de l’exercice », commente le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF). « Il y en a qui méconnaissent tellement le métier qu’ils sont pour le tiers-payant généralisé ! »

« Qu’ils s’impliquent ! »

Et quand on demande à Jean-Paul Hamon s’il ne pense pas que les syndicats traditionnels devraient adapter leurs revendications pour mieux coller aux thèmes qui préoccupent leurs cadets, la réponse fuse : « Si les jeunes estiment que leurs revendications ne sont pas portées, qu‘ils s’impliquent ! Bienvenue ! On regrette de ne pas en avoir assez ! »

Un message qui ressemble étonnamment à celui que nous avait adressé le Dr Claude Leicher  à l’occasion des élections aux Unions régionales des professionnels de santé (URPS), qui se sont déroulées à l’automne dernier. « Les clés sont pour vous, prenez-les ! », avait lancé le président de MG France aux jeunes médecins.

Les syndicats d’internes toujours populaires

Pourquoi la génération Y médicale ne veut-elle donc pas prendre ces clés qu’on leur tend avec tant d’insistance ? Peur du militantisme ? Trop de travail ? Signe des temps dans une société où l’engagement collectif cède le pas à d’autres formes de mobilisation ? Probablement un peu de tout ça.

Mais une chose est sûre : la désaffection ne semble pas toucher les internes. 62 % de ceux qui ont participé à notre sondage estiment que les jeunes médecins sont représentés par les syndicats d’internes et de chefs de clinique. Effet générationnel ? Probablement : la moyenne d’âge des répondants était de 30 ans. L’internat n’était donc pas pour eux un lointain souvenir.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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