Étudiant immolé à Lyon : les associations d’étudiants dénoncent la précarité

Suite à l’immolation par le feu d’un étudiant de 22 ans devant le Crous de Lyon ce vendredi 8 novembre, les associations étudiantes tirent la sonnette d'alarme à propos de la précarité des étudiants.

Vendredi 8 novembre, un étudiant stéphanois de 22 ans s'est immolé par le feu devant le Crous de Lyon, afin de dénoncer la précarité étudiante. Dans un message publié sur Facebook, Anas K. expliquait qu’il avait volontairement choisi un « lieu politique », le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, pour commettre l’irréparable.
 
Toute proportion gardée, cette immolation n’est pas sans rappeler celle du jeune tunisien Mohamed Bouazizi décédé le 4 janvier 2011 à Ben Arous. La mort de ce vendeur ambulant fut à l'origine des émeutes qui concoururent au déclenchement de la révolution tunisienne. Mais nous n'en sommes pas là... Quoique...
 
Privé de bourse, Anas K. était obligé de vivre avec 450 euros par mois. Et s’interrogeait : « Doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ? Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? »

Ce mardi 12 novembre, près de 40 rassemblements étaient prévus devant les Crous ou les préfectures. Quant à Solidaires Étudiant-e-s Lyon, il dénonçait dans un communiqué daté du 9 novembre, son « dégout » à l’égard des institutions « qui l’ont poussé à commettre l’irréparable ». Selon le syndicat, ce sont bien des « institutions inhumaines, cette précarité, cette violence trop commune que l’État et l’université exercent dans les étudiant-e-s dans l’indifférence générale qui ont guidé son geste, profondément politique ».

Pour l’instant, rares sont les syndicats d'étudiants en médecine, qui ont réagi. À l’exception toutefois de l'Isni qui a déclaré sur son compte Twitter le 9 novembre :
 
« La précarité étudiante broie des vies au point de conduire un étudiant de 22 ans, engagé dans le syndicalisme estudiantin, à s'immoler devant son #Crous à #Lyon. »
 
Et le syndicat d’ajouter : « Devons-nous rappeler que les #études et la #formation sont des droits élémentaires que doit garantir notre République, quelle que soit l'origine de chacun.e »

Des droits élémentaires rappelés début novembre par l’enquête précarité de l’Anemf qui faisait le constat suivant : la situation financière est source d’anxiété pour un nombre croissant d’étudiants en médecine (rémunération insuffisante des étudiants hospitaliers, difficultés pour cumuler une activité rémunérée en parallèle des études,  coût des transports ou de logement, augmentation constante du coût de la vie…).
 
Faudra-t-il attendre de nouvelles immolations pour que les pouvoirs publics se décident enfin à agir pour mettre fin à la précarité croissante des étudiants ?
 

Portrait de Julien Moschetti

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