Etats-Unis : les chasseurs de tête se mettent au big data

Un modèle prédictif identifie les médecins qui ont la bougeotte

Les hôpitaux américains se livrent une course effrénée pour attirer les meilleurs médecins. Une start-up vient de mettre à leur disposition un nouvel outil capable de prédire ceux qui ont envie de changer d’employeur. De quoi faciliter la chasse aux praticiens.

 

En général, à la chasse, il ne fait pas bon être la proie. Sauf quand le chasseur est un chasseur de tête. Aux Etats-Unis, les recruteurs se battent depuis longtemps pour attirer les meilleurs médecins. Une start-up new-yorkaise baptisée DocDelta a peut-être inventé l’arme ultime pour leurs parties de chasse : un algorithme capable de cibler les praticiens qui sont le plus susceptibles d’avoir la bougeotte, et donc d’être débauchés.

Le principe de DocDelta repose sur le big data : « Nous avons cartographié les mouvements professionnels de presque tous les médecins du Nord-Est des Etats-Unis », explique  Simone Gabbriellini, co-fondateur de DocDelta, dans un communiqué.

Imitant des outils destinés à cibler les meilleurs ingénieurs informatiques de la Silicon Valley, DocDelta a mis au point un modèle prédictif qu’il entend vendre aux hôpitaux américains. Cher. D’après l’hebdomadaire « Crain’s New York Business », l’accès à la base de données coûte entre 50 000 et 200 000 $ (entre 46 000 et 184 000 €).

Des tarifs que DocDelta justifie par le caractère extrêmement tendu du marché du travail médical outre-Atlantique. « Les hôpitaux ont d’énormes difficultés à trouver des candidats pour leurs offres », explique à « Crain’s New York Business » John Dymond, autre co-fondateur de l’entreprise. Anticiper les envies des candidats potentiels pour leur proposer un job avant tout le monde peut donc être un atout considérable pour les établissements. Un avantage qui peut valoir de l’or.

Avec DocDelta, les médecins pourront donc se voir proposer un contrat avant même d’avoir eu à lever le petit doigt… et peut-être même avant d’avoir pris conscience de leur envie de changer de job. Une intrusion dans la vie privée qui, pour une fois, pourrait ne pas être tout à fait désagréable.

Source: 

Adrien Renaud

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