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Le nombre total de cas signalés aux autorités sanitaires, tous chez de jeunes adultes, est passé de 20 à 27, selon un bilan établi ce matin.
D’après le ministre britannique de la Santé Wes Streeting, la majorité des cas sont liés à une discothèque de Canterbury, dans le sud-est de l’Angleterre, le Club Chemistry, fréquentée par des étudiants de l’université du Kent.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a exhorté mercredi les personnes ayant fréquenté cette boîte de nuit les 5, 6 et 7 mars à se signaler pour recevoir des antibiotiques. Environ 2 000 personnes se sont rendues dans l’établissement au cours de ces trois soirées.
Des étudiants masqués sont venus récupérer ces médicaments dans une université quasiment désertée, a constaté une journaliste de l’AFP. Parmi eux, Jack Jordan, 19 ans : « C’est assez inquiétant. Tout s’est passé si vite », dit-il à l’AFP, en faisant la queue devant un bâtiment de la faculté transformé en clinique.
Glenn Reeve, 27 ans, présent au Club Chemistry le week-end où l’épidémie a démarré, explique avoir « un peu paniqué » en découvrant les informations.
Les étudiants vivant sur le campus peuvent également, depuis mercredi après-midi, se faire vacciner. Ils étaient nombreux à patienter devant le centre sportif de l’établissement, où la campagne se déroule.
Irène, 21 ans, affirme être venue « immédiatement » après avoir reçu la notification. Même vaccinée, elle assure qu’elle va « rester à l’isolement, mais beaucoup plus détendue ».
« Jusqu’à 5 000 étudiants » se verront proposer la vaccination, a indiqué l’agence sanitaire britannique, l’UKHSA, dans un communiqué.
Deux décès et des hospitalisations
Devant les députés, Keir Starmer a présenté ses condoléances aux proches des deux jeunes décédés : une élève de terminale de 18 ans et un étudiant de 21 ans de l’université du Kent. « D’autres sont gravement malades », a-t-il souligné.
Le ministre de la Santé a fait part de sa préoccupation. « Ce qui nous inquiète (...), c’est la rapidité et l’ampleur de la propagation de la maladie – c’est sans précédent », a-t-il déclaré sur la BBC.
« La situation évolue rapidement et d’autres cas pourraient être recensés », a prévenu l’UKHSA, l'agence sanitaire britannique. Ce matin, le nombre de cas est passé de 20 à 27, dont 15 confirmés par des analyses de laboratoire et 12 signalements faisant toujours l’objet d’une enquête.
Pour six d’entre eux, dont les deux cas mortels, il s’agit d’infections à méningocoques « appartenant au groupe B », rares mais très graves.
La Canterbury Christ Church University, autre établissement de la ville, a indiqué mercredi qu’un cas avait été confirmé chez l’un de ses étudiants. Contactée, l’UKHSA n’a pas souhaité préciser s’il faisait partie des 20 cas déjà recensés.
La crainte d’une propagation de l’épidémie grandit et l’agence a alerté mercredi les professionnels de santé en Angleterre afin qu’ils aient un « haut degré de suspicion lorsqu’un jeune de 16 à 30 ans consulte pour des symptômes » pouvant correspondre à la méningite.
L’une des personnes infectées s’est rendue dans un hôpital londonien, mais elle n’a pas « eu de contacts avec la population locale à Londres », a aussi assuré l’agence.
Le ministère français de la Santé a confirmé qu’une personne, ayant fréquenté l’université du Kent, était hospitalisée en France dans un état stable.
Vaccin en demande
Plus rares que les méningites virales, les méningites bactériennes peuvent tuer de manière foudroyante lorsqu’elles ne sont pas soignées. Même prises en charge, elles entraînent une mortalité élevée et un risque important de séquelles.
Les antibiotiques constituent le traitement « le plus efficace pour limiter la propagation » de l’épidémie, a souligné l’UKHSA.
L’épidémie suscite une vive inquiétude au Royaume-Uni. La chaîne de pharmacies Boots a mis en place un système de file d’attente sur son site internet face à la « très forte demande » pour le vaccin.
Le ministre de la Santé a indiqué qu’il y avait au moins 350 cas de méningite par an au Royaume-Uni. Mais « de toute ma carrière, il s’agit de loin de l’épidémie de méningite qui s’est propagée le plus rapidement », a déclaré Thomas Waite, médecin-chef adjoint de l’Angleterre.
Des chercheurs en laboratoire s’efforcent désormais de déterminer si cette propagation est liée à une éventuelle souche mutante du méningocoque B, selon l’agence britannique PA.
Avec AFP
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