Déserts médicaux : les chasseurs de tête ciblent les médecins étrangers

Le recrutement médical se fait à l’international

Les petites communes qui cherchent à remplacer leur généraliste à la retraite se tournent souvent vers des professionnels du recrutement… qui vont généralement faire leur marché dans les pays du Sud.

 

La presse régionale regorge de papiers relatant le combat de petites communes luttant pour recruter un médecin. Certaines, comme par exemple Saint-Claude-de-Diray dans le Loir-et-Cher, font même appel à des cabinets de recrutement spécialisés pour trouver le praticien qui leur manque. Pour quel service ?

« Nous avons beaucoup de mairies qui nous appellent, souvent associées à leurs pharmaciens », explique Bérengère Bry, consultante en recrutement chez Auxilia, l’une des nombreuses boîtes qui aident les communes en manque de praticien. « Nous leur offrons un service classique : recherche du candidat, entretien téléphonique puis entretien en face-à-face, etc. »

La France ? Ca ne rapporte pas beaucoup de médecins

La recruteuse insiste sur le fait qu’elle aide aussi le médecin à s’inscrire à l’Ordre. Car il faut noter un détail d’importance : la quasi-totalité des candidats qu’ils peuvent proposer sont étrangers. « Nous postons nos annonces sur la France, cela nous coûte un peu d’argent, mais cela ne nous apporte pas beaucoup de médecins », sourit Bérengère Bry.

Il faut bien le reconnaître : les médecins français n’ont pas besoin des services d’un recruteur. « Ne passent par les cabinets de recrutement que les médecins qui ne savent pas où aller », explique Sylvie Charlet, ancienne recruteuse pour différents groupes de cliniques. « Les médecins français n’en ont en général pas besoin. »

La Grèce, un nid absolument génial

Du coup, chaque cabinet a sa spécialité géographique. Celle d’Auxilia, ce sont les médecins portugais. « Nous sommes connus pour cela, nous étions au Portugal avant tout le monde », explique Bérengère Bry. « J’ai beaucoup exploré la Grèce, c’est un nid absolument génial », confie pour sa part Sylvie Charlet.

Bien sûr, une fois la perle trouvée, quelle que soit sa nationalité, c’est le client et non le médecin, qui paie. « Pour un médecin généraliste, on est autour de 6 000 euros », explique la responsable d’Auxilia. Sylvie Charlet donne une fourchette plus large : « entre 5 000 et 15 000 euros en fonction des spécialités. »

Le shopping médical… côté médecins

Reste un problème : celui de la pérennité d’une telle installation. « Au début, l’intégration peut être difficile, ce qui fait qu’on suit nos candidats pendant très longtemps », affirme Bérengère Bry. Sylvie Charlet dépeint la même réalité, mais de manière un poil plus cynique. « Il y a beaucoup de communes qui se sont faites avoir », raconte-t-elle. « Elles ont payé très cher pour des gens qui ne sont pas restés, ou qui ne sont restés que tant qu’il y avait des avantages financiers. »

Alors, la solution ? Pour Sylvie Charlet, elle est financière. « Ce qui peut marcher, ce sont des mesures incitatives », explique-t-elle. « Celles qui sont proposées actuellement le sont généralement trop peu, et ne sont pas à assez long terme. » Problème : il n'est pas sûr que les petites communes des déserts médicaux aient les moyens d'offrir plus que ce qu'elle ont déjà.

Source: 

Adrien Renaud

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