Déconfinement : Science et politique, au bord de la rupture ?

Presse auscultée. Science et politique ne font pas bon ménage en ces temps de gestion épidémique. Selon Libération, la « crise de couple » guetterait l’exécutif et la communauté scientifique quelques jours avant l’amorce du déconfinement.

Paris ose, et la communauté scientifique croise les doigts. À l’issue du Conseil de défense sanitaire, le porte-parole du gouvernement, a confirmé que « le jour de réouverture nationale des terrasses, des lieux de culture et de sport » serait bien le 19 mai en raison de « l’amélioration nette » des indicateurs. Une sortie qui aurait hérissé un peu plus le poil des experts « pour qui le relâchement annoncé pèche par imprudence et précipitation » assure Libération qui y décèle une « crise de couple » dans la gestion pandémique.

Pour preuve, le quotidien pointe du doigt la rédaction, le même jour, d’un avis du Conseil Scientifique sur le déconfinement qui ne lui avait pas été demandé par le gouvernement. « Façon en creux de signifier qu’à ses yeux, la feuille de route présidentielle ne présente pas les garanties suffisantes pour éviter un nouveau rebond non contrôlé de l’épidémie », assure nos confrères.

Quelques jours auparavant, c’était au tour de l’organe non-indépendant Santé Publique France d’exprimer ses inquiétudes dans son bilan épidémiologique hebdomadaire. « A une semaine de la levée de certaines restrictions pour le 3 mai, le niveau d’incidence des cas confirmés en métropole est deux à trois fois supérieur à celui observé avant le déconfinement du 15 décembre 2020 », s’alarmait l’Institution.

Aux sorties officielles, les experts ajoutent leur grain de sel. Si l’infectiologue Gilles Pialoux souligne ne pas connaître l’origine de la « barre des 400 » cas pour 100 000 habitants présentée comme une victoire par le gouvernement, un ancien haut responsable de la santé publique déplore l’absence d’une « stratégie de testing à la hauteur » dans les écoles françaises.

Des cris du coeur que les experts n’envisagent pourtant pas de voir entendus par le gouvernement. Organisées fin juin, les élections régionales accapareraient toute son attention. « Au premier déconfinement, Macron a suivi les médecins, au deuxième, il a suivi les économistes, aujourd’hui il suit l’opinion, tout en espérant que la vaccination permettra d’éviter le pire », leur a confié André Grimaldi, professeur au CHU Pitié Salpêtrière. Pour en savoir plus, c’est par ici.

Portrait de Julia Neuville

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