Covid-19 : les médecins réclament en urgence des protections et des masques FFP2

Alors qu’un nombre croissant de professionnels de santé sont touchés par l’épidémie du Covid-19 en France, les médecins réclament sur la toile des moyens de protection dignes de ce nom. Notamment des masques FFP2 qui sont réservés au personnel soignant, mais... qui n’ont toujours pas été reçus.

Après les personnels de santé chinois (3,8 % des cas 44 672 cas confirmés selon une étude publiée le 24 février dans le Jama), c’est au tour de leurs homologues français d’être touchés par le Covid-19. Le 28 février dernier, l’hôpital Tenon (AP-HP / Paris) évoquait dans un communiqué deux soignants « positifs », sans pour autant que leur état ne présente de critère de gravité.

À Dijon, deux personnes contaminées ont transmis le virus à leur médecin. Au CHU de Rouen, un médecin qui effectuait aussi des consultations au cabinet médical SNCF, a été déclaré porteur positif et confiné à son domicile. Au CHU de Nantes, un médecin de 58 ans est hospitalisé.
 
Quant au maire de Montreuil, il vient d’annoncer deux nouveaux cas de coronavirus issus de la même famille, l’un des deux étant un professionnel de santé qui exerce dans un hôpital parisien où il a été en contact avec un porteur du virus. Enfin, les hôpitaux de Creil et Compiègne sont sous pression avec plus de 200 soignants confinés.
 
Il n’en fallait pas plus pour que les syndicats de médecins libéraux réclament depuis la semaine dernière de véritables moyens de protection. À l’image de la CSMF qui considère qu’il est « indispensable que l’État passe aux actes et dote au plus vite les cabinets de médecins libéraux de toutes les protections possibles (masques, blouses jetables, lunettes) et de solutions hydro-alcooliques ».
 
Quant à MG France, il demande aussi aux pouvoirs publics la mise à disposition rapide « des équipements nécessaires à leur propre protection (masques FFP2, solutés hydroalcooliques, lunettes etc.) et à la protection de leurs patients (masques chirurgicaux) », selon un communiqué daté du 2 mars.
 
Le débat sur les masques FFP2, qui limitent l’inhalation d’agents infectieux, fait d’ailleurs rage sur la toile. Ce sont des « masques réservés au personnel soignant face à des personnes que l’on soigne et qui sont contaminants et excrétantes », expliquait récemment le Dr Agnès Ricard Hibon, la présidente de la Société française de médecine d’urgence (Sfmu). Et d’ajouter sur BFM TV que « les masques FFP1 servent quand on est malade à éviter de contaminer son entourage », mais « ne protègent pas contre risque de contamination. Les FFP2, oui ».

Sauf que les professionnels sont toujours dans l’attente de ces fameux masques (FFP2), dont plusieurs dizaines de millions auraient été commandés par l’État, selon le Parisien. En attendant, les professionnels de santé vont devoir utiliser des masques chirurgicaux qui pourront être détournés de leur usage, expliquait Libération. Une solution qui consisterait à superposer deux masques chirurgicaux, a confié au journal le Dr Jacques Battistoni, le président de MG France.
 
Réponse du Dr Matthieu Casanova sur Twitter : « MG France qui dit que deux masques chirurgicaux empilés peuvent remplacer un ffp2. Ils ont jamais porté ni l'un ni l'autre pour penser ça c'est pas possible ! Un chirurgical ne filtre rien il n'est pas étanche on respire librement par les côtés. »

Quant à la DGS, elle considère que les masques de type FFP (FFP2 le plus souvent), doivent être réservés « aux secteurs prenant en charge des patients Covid-19 confirmés (pneumologie, service de maladies infectieuses et tropicales), réanimation ou cas possibles très symptomatiques ». Traduction du Dr Jérôme Marty, le président de l’UFML-S :
 
« Pour les libéraux le FFP1 suffit à les protéger, parce que chez eux les patients sont pas graves et les FFP2 doivent être réservés aux services hospitaliers prenant en charges cas décompensés.... Ce qui est une curieuse notion de la vraie vie... »

Et d’ajouter, dans une vidéo publiée sur Twitter ce lundi 2 mars, que les médecins doivent rapidement disposer de masques FFP2 et de kits de protection. « Or, nous savons maintenant de source sûre qu’il n’y a pas de stock, que la France n’avait pas anticipé le fait d’être confrontée à une pandémie ou à un nouveau virus. On a mis en protection ces masques et le ministère n’a toujours pas communiqué sur une date précise de livraison de ces kits de protection à la médecine libérale et aux soignants libéraux. »

Enfin, dans une veine plus humoristique, un twittos, proposait de vendre un kit complet de 100 masques FFP2 à monter soit même. Prix :100€, livraison offerte.

Portrait de Julien Moschetti

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