Corentin Lacroix de Why Doc : "Depuis que j’alterne avec YouTube, je suis toujours content d’aller au cabinet."

Médecin et youtubeur, c’est possible ! Corentin Lacroix partage son temps entre son cabinet et les vidéos qu’il crée sur sa chaîne YouTube « WhyDoc ? ». Entretien avec ce docteur hors du commun.

What's up doc : Comment avez-vous eu cette idée ?

Corentin Lacroix : J’aime bien expliquer les choses. J’avais commencé par des fiches, mais ce n’était pas foufou. Je me suis donc tourné vers la vidéo. Il y a 5-6 ans, les youtubeurs en physique quantique et en mathématiques explosaient, mais il n’y avait quasiment rien dans le domaine de la médecine. Un ami avec lequel je discutais m’a suggéré d’y remédier. WhyDoc est né. Cela a bien marché, j’ai donc continué.

Aviez-vous une fibre de youtubeur, ou pas du tout ?

C.L : Je regardais uniquement les youtubeurs de vulgarisation scientifique. Nota Bene faisait de l’histoire, David Laroche de la physique quantique. Ce sont eux qui m’ont inspiré.

 Comment avez-vous appris ?

C.L : En regardant des vidéos consacrées au domaine de la science. J’ai essayé de transposer cela, en faisant un peu « à ma sauce ». Donc en autodidacte. Et puis, au fur et à mesure, on s’améliore. Au début, j’ai fait pas mal d’erreurs, parce que je n’avais pas de cours. Par la suite j’ai suivi une petite formation en ligne pour la lumière, et la chroma. Sinon j’essaie de voir à droite à gauche. Ce n’est pas inné. J’ai réalisé mes vidéos avec mes petits moyens. Maintenant, je suis assez content du résultat. Même si, quand je regarde mes vidéos d’il y a un an, je me dis que j’aurais pu faire mieux sur la forme. La fond me convient toujours.

Comment avez-vous le temps de vous consacrer à votre cabinet et à votre activité de youtubeur?

C.L : J’essaie d’y consacrer un jour et demi, deux jours par semaine. J’ai une binôme qui bosse les jours où je suis absent. Mais le temps me manque…

 Comment cela a été accueillie par les autres médecins ?

C.L : Leur retour est super positif dans toutes les tranches d’âge. Les étudiants sont contents : ils ont une vision simplifiée, et appréhende mieux les choses. C’est bien pour les patients : cela leur permet de comprendre. Et c’est bien pour nous les praticiens : cela nous fait des rappels.

C’est grâce à eux que j’ai eu des prix. Quand j’étais interne, j’ai reçu le prix Alexandre Varney. Il y a peu de temps, l’Académie de Médecine m’a décerné le prix Albert Sézary. Il récompense un jeune médecin digne d’intérêt.  

"Depuis que j’alterne avec YouTube, je suis toujours content d’aller au cabinet"

Être youtubeur, est-ce une activité lucrative ?

C.L : Au début, pas du tout, parce que je n’ai jamais voulu monétiser les vidéos. J’arrive à avoir un peu d’argent grâce aux prix. Avec le premier, par exemple, j’ai reçu un chèque de 1 000 euros. Cela m’a permis d’acheter des lumières.  Avec le temps des institutions ont font appel à mes services. J’ai dû réaliser 8 vidéos poureux. C’est pas mal, car elles me donnent carte blanche.

Cela vous permet-il de compenser votre manque d’activité au cabinet ?

C.L : Je pense que je gagnerais plus, si j’avais une activité quotidienne au cabinet. Mais, pour ma santé mentale, c’est mieux.  Cela me permet de profiter de ma fille. Et, comme j’alterne Youtube avec le cabinet, je suis toujours content d’y aller. Ce qui n’était pas toujours le cas, quand j’y allais 5 jours par semaine. Les consultations me donnent des idées pour les vidéos, et vice-versa, les deux se nourrissent.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

C.L : Dans 10 ans, j’aurai passé le million d’abonnés. En fait, je me vois bien continuer comme cela. J’ai plein de vidéos en stock. Je me vois avec encore beaucoup trop de travail par rapport au temps qu’il me reste.

 Convoitez-vous le poste de Michel Cymes ?

C.L : Non, pas trop. On m’avait proposé d’être chroniqueur sur France 2.  Mais ce n’est pas un truc qui m’attire. J’aime bien mon côté semi-confidentiel. Je me vois bien continuer avec mes patients, ma fille et mes vidéos. J’aimerais que mes vidéos servent, mais je n’ambitionne pas d’être un « people ».  En fait, cela me rebute un peu.  

 

 

Portrait de Albane Cousin

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