Chirurgie : les charlottes sont aux fraises

Question d’hygiène

Une étude américaine a comparé l’efficacité relative des charlottes et des calots à usage unique ou réutilisables sur la propagation des particules et des germes des chirurgiens. Bonne nouvelle : les charlottes ne font pas mieux que les autres.

Les étudiants en médecine ont rapidement eu l’occasion de s’en apercevoir. Les chirurgiens en tenue n’ont pas la classe vestimentaire du Dr Mamour. Sabots, pyjama, tunique, casaque et cagoule rendent une femme ou un homme aussi sexy qu’avec un sarouel monté sur des crocs. On peut même rajouter la chemise à fleurs et le bob Ricard.

Si les hôpitaux et cliniques français laissent une marge de manœuvre sur le couvre-chef, la charlotte semble avoir la faveur des hygiénistes les plus rigoureux Outre-Atlantique. N’en déplaise aux sapologues. Mais une étude américaine parue dans la revue American College of Surgeons et relayée par Le Figaro Santé va peut-être les réconcilier un peu avec la chirurgie. Elle conclut en effet sur l’absence de bénéfice de la charlotte sur le calot. C’est même, à l’inverse, plutôt le calot qui aurait la faveur des chercheurs.

Rien de mieux qu’un slip et un calot propres

Ils ont testé, lors de simulations de chirurgie d’une heure, en conditions réelles – ils ont même poussé le vice jusqu’à triturer des morceaux de viande crue – l’efficacité relative des charlottes, des calots jetables et des calots réutilisables. Ils ont recueilli, un peu partout dans les blocs opératoires test, les particules de peau, les poils et cheveux, ainsi que les bactéries et autres micro-organismes, qui auraient décidé de fuir leur hôte chirurgien.

Et, contrairement à ce que l’on pourrait attendre, ce n’est pas la charlotte – qui recouvre mieux les oreilles et les cheveux – qui sort grandie de ce match à trois. Elle ne fait pas mieux que le calot jetable. C'est avec le calot réutilisable, « fraîchement lavé », qu'ont été obtenus les meilleurs résultats, précisent les auteurs.

« Certains hôpitaux recommandent les charlottes à usage unique pour tout le personnel des blocs opératoires, mais nous n’avons trouvé aucune raison d’y interdire les calots jetables », rapporte le Dr Try Markel, chirurgien pédiatrique à l’Hôpital pour enfants de l’Université de l’Indiana, auteur principal de l’étude. « Les calots réutilisables sont néanmoins les plus épais et les moins perméables des modèles que nous avons testés », ajoute-t-il. Encore faut-il pouvoir les laver correctement.

Fous ta cagoule !

L’étude intéresse aussi les chirurgiens français même si – désolé pour nos lecteurs au bistouri – elle ne résout pas le gros problème de classe de la cagoule. « D’après mon expérience, on n’utilise pas la charlotte ni le calot lavable en France », explique le Dr Michael Benassayag, chirurgien orthopédique au Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc à Lyon. « Mais pour les spécialités chirurgicales où les risques infectieux sont les plus élevés, comme en orthopédie, la cagoule est privilégiée. »

Bien dommage, mais au moins, l’étude résout le débat de la couverture des oreilles : aucune différence significative n’a été observée.

Crédits photo : Touchstone Television/ABC/NBC

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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