"Cette hausse des tarifs constitue un signal très positif"

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé une hausse historique des tarifs des établissements MCO de 0,2% en 2019. Les fédérations semblent satisfaites, à l'exception de la Fehap. Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée, commente pour WUD ce début de campagne tarifaire prometteur. 

 What's up Doc. Êtes-vous satisfait de cette hausse des tarifs, la plus forte depuis dix ans ? Les fédérations ne réclamaient-elles pas 1% d’augmentation ? 

 
Lamine Gharbi. Même si elle est inférieure à l’inflation, cette hausse des tarifs constitue un signal très positif. N’oublions pas qu’il s’agit de la première campagne tarifaire positive depuis huit ans ! Nous avons été entendus car nous sommes dans un dialogue constructif avec les pouvoirs publics. Il faut à présent poursuivre sur la voie initiée pour réussir ensemble la transformation du système de santé. Le Gouvernement a été au maximum de ses possibilités avec un Ondam contraint, c’est à souligner.
 
 

WUD. Est-ce suffisant pour répondre aux besoins de vos établissements ? 

 
L. G. Le Gouvernement vient de faire un geste fort car il a conscience que la situation du secteur hospitalier n’est plus tenable. Un quart des 1000 hôpitaux et cliniques privés de France est en situation de déficit. Huit établissements privés ont fermé leurs portes ou ont été placés en redressement judiciaire depuis septembre dernier. Et la situation est plus que préoccupante également pour le public. Bien sûr, toutes les difficultés ne vont pas disparaître du jour au lendemain mais cette interruption du cycle délétère de baisse des tarifs va enclencher une nouvelle dynamique. En effet, au-delà de l’aspect financier, il s’agit aussi d’une reconnaissance de l’engagement et des efforts accomplis par tous les professionnels de nos établissements.
 

Huit établissements privés ont fermé leurs portes

WUD. Notez-vous une discrimination des établissements privés lucratifs par rapport aux autres établissements ? 

 
L. G. Je ne parlerai de discrimination. Très clairement, public et privé sont complémentaires et c’est bien dans cet esprit que tous les acteurs de santé progresseront.
 

WUD. Quid des établissements psychiatriques ? Et SSR ? 

 
L. G. Pour l’ensemble des spécialités, nous attendons le détail des évolutions tarifaires qui sera communiqué prochainement par le ministère. Pour autant, l’orientation donnée va dans le bon sens.
 

Nous attendons le détail des évolutions tarifaires 

WUD. Les mesures prises pour l’ambulatoire vous satisfont-elles ? 

 
L. G. Là encore, c’est le détail des tarifs et mesures prises par les pouvoirs publics qui doit être regardé. Mais il semble que la ministre ait souhaité donner une vraie impulsion tarifaire à l’ambulatoire et sur l'obstétrique. Sur tous ces sujets le dialogue doit se poursuivre avec les pouvoirs publics. C’est ainsi que nous relèverons les défis qui se présentent à nos établissements et au système de santé en général.
 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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