Biologistes médicaux : c’est la grève !

Les syndicats de biologistes médicaux ont annoncé une grève qui débutera le 23 septembre, en réaction à une nouvelle réduction de l’enveloppe qui leur est allouée pour 2020. Les labos de ville seront fermés après 13 h, en attendant une réunion avec l’assurance maladie le 1er octobre.

Ça y est, la guerre de tranchées est déclarée entre les biologistes libéraux et l’assurance maladie. Les médecins avaient prévenu. Ils passent désormais à l’action après un rendez-vous infructueux avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) le 11 septembre dernier. Lors d’une conférence de presse organisée le 17 septembre, ils ont annoncé une grève qui débutera le 23 septembre.
 
Trois actions : les laboratoires de ville seront donc fermés à partir de 13 h (les urgences biologiques seront renvoyées vers l’hôpital), leur implication dans le remplissage des DMP sera gelée, ainsi que les audits d’accréditation. Cette situation se prolongera au moins jusqu’au 1er octobre, date à laquelle est prévue un second rendez-vous avec la Cnam. En cas d’échec des négociations, ces mesures seront reconduites.

Les biologistes au bout du bout

Si les biologistes montent au créneau, c’est en raison d’une nouvelle coupe budgétaire prévue dans leur enveloppe pour 2020. L’assurance maladie exige en effet une nouvelle réduction des dépenses, d’un montant de 170 millions d’euros, qui vient s’ajouter aux précédentes. « Il se sont habitués à cette manne d’économies annuelle », dénonce Étienne Couëlle, président de l’Association pour le progrès de la biologie médicale (APBM). « La reconduction du plan triennal est l’occasion de resserrer les prix, sans maîtrise des enjeux ».

À lire aussi : Biologie médicale : les analystes passent à l'action

L’enjeu, pour les biologistes, est de maîtriser l’augmentation du volume d’examens biologiques (+3,66 %), avec une augmentation nulle de l’enveloppe (0,25 % en 2019, 0 % en 2020). « Nous arrivons au bout des possibilités dans la configuration actuelle », alerte de son côté Jean-Claude Azoulay, vice-président du Syndicat national des médecins biologistes (SNMB). « Le risque d’allongement de temps de résultats est majeur ».
 
Le maillage actuel garantissant un plateau technique à moins d’une heure des laboratoires est en danger, estiment notamment les biologistes. Ils sont unanimes pour dénoncer la destruction d’un modèle français de proximité très performant, notamment au regard des efforts d’accréditation qui garantissent aujourd’hui la sécurité des examens.

Trop z’injuste

Cette nouvelle coupe budgétaire est ressentie comme une injustice pour les biologistes libéraux. Ils revendiquent une implication forte dans les efforts de réduction des dépenses de santé depuis une dizaine d’années, à travers le regroupement des structures, en resserrant les tarifs (une glycémie est facturée 1,35 euros aujourd’hui), et dans l’innovation biotechnologique. En retour, la rémunération baisse, menaçant la sécurité et l’accès aux soins.
 
Les biologistes demandent une augmentation en accord avec l’Ondam, soit de 2,5 % par an – ce qui reste inférieur à celle du volume d’activité. Si le désaccord n’est pas réglé d’ici la fin de l’année, les biologistes libéraux ont d’ores et déjà annoncé une fermeture totale des laboratoires en décembre. Prévue en période de crise des urgences hivernale, cette action ne devrait pas passer inaperçue…
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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